La machine

 


 

Basé sur le film La machine (1994) de François Dupeyron
Une idée originale de jmurdoch
Texte: jmurdoch
Images: Chat GPT Sora
Videos : KlingAI 

 

    Marc en avait assez de faire les 100 pas dans sa chambre d’hĂ´tel. Il continuait de s'interroger sur les raisons qui avaient poussĂ©es sa femme Ă  les installer, lui, et sa fille Jenna dans cette chambre. Il savait que son travail l'avait amenĂ© rĂ©cemment Ă  Ă©tudier le comportement d'une femme serial killeuse. A ce qu'il avait compris, cette meurtrière s'Ă©tait rĂ©cemment Ă©chappĂ© de l'institut ou sa femme Claire travaillait. Marc trouvait que Claire avait un comportement assez bizarre ses derniers jours, il pensa que c'Ă©tait liĂ© Ă  l'importance de son travail. Le cas qu'elle Ă©tait en train de suivre Ă©tait peut ĂŞtre fascinant, mais il trouvait ça toujours dangereux. 

    Marc observa sa fille, Jenna. C'Ă©tait une ado de 17 ans qui ne semblait pas du tout contrariĂ© par les circonstances. En fait, elle ne semblait pas du tout inquiète pour sa mère. Il trouva cependant curieux que depuis leur arrivĂ©e Ă  leur hĂ´tel, que Jenna n'Ă©tait pas beaucoup sur son tĂ©lĂ©phone portable. Habituellement, Jenna passe sa vie sur son smartphone. 

    Marc s'assit sur le fauteuil de la salle de sĂ©jour de leur chambre. Jenna le rejoignit et s'assit tut près de lui.

 - "Tu ne sembles pas du tout inquiète pour ta mère !", remarqua Marc.
 - "Mais, si, mais si. Marc... Je veux dire papa", rĂ©pondit Jenna.

    Le mot papa sembla amuser sur le coup Jenna. Marc se servit une tasse de cafĂ©, et proposa une Ă©galement Ă  sa fille. Finalement, l'envie de boire du cafĂ© passa. Il se trouvait dĂ©jĂ  suffisamment Ă©nervĂ©. Sa fille continua Ă  le dĂ©visager du regard. Cela le troubla un peu. Son regard paraissait diffĂ©rent de l'habitude, plus dense. Jenna jouait avec un mèche de ses cheveux, et s'approcha de Marc.

 - "Tu es vraiment inquiet pour ... maman ?"
 - "Oui, elle est parti durant des heures, et je n'arrive pas Ă  la joindre."

    Jenna regarda la tasse de cafĂ© posĂ© sur la table, et remarqua : 

 - "Il a l'air drĂ´lement noir ton cafĂ© ! Je vais en refaire un peu moins fort."

    Jenna se leva et se dirigea vers la petite cuisine de la chambre.

    Jenna parcourut la petite cuisine. Elle semblait bien Ă©quipĂ©e: un frigo, des plaques chauffantes Ă  induction, un four, un four Ă  micro onde,... et une cafetière Ă©lectrique. Elle positionna sa tasse sur la machine, et lança le programme pour un cafĂ© long. Pendant que l'appareil faisait son travail, elle fouilla machinalement les tiroirs. Elle tomba sur un tiroir contenant des couverts de diffĂ©rentes tailles. Elle fut soudainement intĂ©ressĂ©e par ce beau long couteau, qu'elle saisit aussitĂ´t.

 - "Tu sors avec le cafĂ© ? Besoin d'un coup de main ?", demanda son père.
 - "Non. Non, tout va bien, j'ai trouvĂ© ce qu'il me faut !", rĂ©pondit Jenna.

    Jenna rejoignit son père dans le sĂ©jour, elle avait gardĂ© le couteau avec elle. Elle le cacha derrière son dos. Son père n'y prĂŞta pas attention. Marc avait dĂ©cidĂ© de retenter sa chance Ă  appeler son Ă©pouse Claire. Jenna s'approcha de lui doucement pendant qu'il Ă©tait au tĂ©lĂ©phone sans lui montrer l'arme. 

    Huit mois plus tĂ´t, nous sommes chez la famille Lacroix. C'est l'heure du petit dĂ©jeuner. Il y a longtemps que ce n'Ă©tait plus un vrai moment de partage familiale. La journĂ©e avait Ă  peine commencer que chacun vaquait Ă  ses propres occupations. 

    Marc Lacroix Ă©tait comptable dans une sociĂ©tĂ© de tĂ©lĂ©coms. Il avait des horaires rĂ©guliers de bureau. Pour lui, l'heure du petit dĂ©jeuner Ă©tait sacrĂ©, il aurait avoir de belles et longues conversations avec sa femme Claire ou sa fille Jenna. 

    Mais Jenna, du matin au soir, Ă©tait connectĂ©e sur son fichu tĂ©lĂ©phone portable. Qu'est ce qui pouvait ĂŞtre important Ă  autant communiquer Ă  cette heure. Marc comprit par le lĂ©ger que faisait le portable de Jenna, qu'elle Ă©tait en train de jouer. Ce qui l'attristait un peu de se dire que ce jeu avait gagner plus d'importance que ce moment en famille. Mais ça le rassurait qu'Ă  cette heure, elle ne soit pas dĂ©jĂ  en train de discuter avec un garçon. Jenna Ă©tait une belle et jolie jeune fille de 17 ans. Il avait dĂ©jĂ  remarquĂ© que le regard des garçons de son entourage avait Ă©voluĂ© mais pas en bien. Il devait donc la surveiller.

    Marc Ă©tait fière d’ĂŞtre l'Ă©poux de Claire. Claire Ă©tait une femme belle de 45 ans, intelligente, drĂ´le, cultivĂ©e. Mais depuis un moment, elle Ă©tait obnubilĂ©e par son travail. De base, Claire Ă©tait une chirurgienne, et avec le temps, une spĂ©cialiste rĂ©putĂ©e du cerveau. Elle Ă©tait fascinĂ© par le cerveau, son fonctionnement. Elle avait passĂ© sa vie Ă  courir après ce rĂŞve. Elle devait comprendre comment l'esprit prenait forme dans le cerveau. comment il devient matière. Comment l'esprit se forme, comment s'organisent les pensĂ©es, la mĂ©moire, les souvenirs. Claire jouait Ă©galement un rĂ´le de psychiatre auprès des assassins, des monstres .Elle avait besoin de contact avec cette monstruositĂ©. Elle voulait comprendre comment le cerveau donnait la perception du bien et du mal. Elle Ă©tudiait des criminelles, les interrogeait, leur faisait passer toutes sortes d'examens, des scanners. Son hypothèse Ă©tait que si elle Ă©tait capable d'identifier, voir isoler le mai, elle pourrait peut ĂŞtre le rĂ©duire, voir le dĂ©truire. 

    Claire avait isolĂ© tout le sous sol de leur immense villa pour en faire un bureau, ou plutĂ´t un atelier de recherche. Marc n'avait absolument pas le droit d'y entrer. Il imagina cette pièce presque comme un laboratoire car Claire avait venir installĂ©, amenĂ© beaucoup de matĂ©riel Ă©lectroniques, des sièges, des Ă©lĂ©ments d'un important ordinateurs, des sortes de scanners. Que pouvait elle bien y faire ? Elle y passait des heures. Après ses heures en salle d'opĂ©ration, elle enchainait les visites Ă  la prison, puis Ă  son retour, passer des longues heures au sous sol. C'Ă©tait simple, Marc ne la croisait que pendant la courte pause du petit dĂ©jeuner, et lorsqu'ils partaient se coucher. Ils n'avaient pas fait l'amour depuis des lustres. 

    Marc demeurait toujours très amoureux de sa femme. Mais il se demandait si parfois, elle n'aimait pas plus son travail que sa famille. Cela ne sembla dĂ©ranger Jenna, vu qu'elle Ă©tait dans sa phase ado. Marc se demanda parfois si Claire ne la trompait pas. Au dĂ©but de leur histoire, jusqu'Ă  la naissance de Jenna, et que son travail n'envahisse son quotidien, Marc et Claire faisaient souvent l'amour. Cela lui manquait beaucoup. MalgrĂ© la prĂ©sence de collègues charmantes Ă  son travail, et mĂŞme en se sachant attirant, Marc ne cĂ©da jamais Ă  la tentation. Il demeurait toujours Ă©perdument amoureux de Claire.

    Alors que le petit dĂ©jeuner Ă©tait sur le point de s'achever, et afin de gagner du temps, Claire demanda Ă  sa fille Jenna de lui donner un coup de main pour dĂ©barrasser la table. Jenna ne prĂŞta pas attention Ă  la demande de sa mère, qui dut se rĂ©pĂ©ter.

 - "Peux tu lâcher ce tĂ©lĂ©phone, s'il te plait, 30 secondes, et m'aider Ă  dĂ©barrasser ?", insista sa mère.
- "Ouais, attends ...", répliqua Jenna.
- "Il n'y pas de attends, Jenna. Je vais être en retard au boulot. Et toi, au lycée !"
 - "Ouais, ouais..."

    Claire arracha brutalement le tĂ©lĂ©phone des mains de Jenna.

 - "Mais t'es dingue, j'Ă©tais en train d'envoyer un texto Ă  Alex..."
 - "Ne me parles pas sur ce ton. Tu auras tout le temps sur le trajet du lycĂ©e de jouer avec ton tĂ©lĂ©phone. Et ça te fera du mal d'ajouter maman Ă  tes phrases ?"
 - "Ouais, tu sais comment tu t'appelles non ?"
 - "Ne sois pas insolente..."

    Claire fixa la pendule de la cuisine. Marc Ă©tait dĂ©jĂ  partie, et elle n'avait pas le temps de continuer cette discussion avec sa fille.

 - "Nous en reparlerons ce soir..."
 - "Si tu daignes nous accorder un peu de ton temps dans ton prĂ©cieux emploi du temps. Tu finis par passer plus de temps avec ces psychopathes et ces cinglĂ©s qu'avec ta propre famille !"

    A ces mots, Jenna quitta la cuisine, et se dirigea dans sa chambre pour aller chercher ses affaires pour les cours de la journĂ©e. Claire resta un instant sans voix, suite de la dernière rĂ©plique de sa fille.


    Claire arriva finalement Ă  temps Ă  son travail. Elle est obnubilĂ©e par son sujet favori : le fonctionnement du cerveau. Elle voyait comme une maladie le mal que pouvait Ă©maner d'une personne. Elle voulait comprendre comment nĂ© le mal, pouvoir comprendre un homme ou une femme pouvait devenir une criminelle. Comment une personne pouvait prendre plaisir Ă  commettre des meurtres. OĂą pouvait naitre cette pulsion ?


    Claire partageait sa vie professionnelle entre ses 2 activitĂ©s. Elle continuait Ă  faire des opĂ©rations assez lourdes autour du cerveau, dont elle Ă©tait une spĂ©cialiste renommĂ©e. 

    Claire avait pour assistant, un jeune mĂ©decin, nommĂ© Chris. Vu le temps qu'elle passait au bloc avec lui, Claire et Chris s'Ă©taient très rapprochĂ©s. D'abord d'un point de vue strictement professionnel, puis avec le temps, plus personnellement. Chris Ă©tait cĂ©libataire, paradoxalement très timide envers les femmes, malgrĂ© son physique très attrayant. Claire le trouvait très douĂ© comme assistant. Ils apprirent très vite Ă  se connaitre, Ă  anticiper les rĂ©actions de l'un ou l'autre, devenant très efficace en salle d'op.

    Un jour, Claire, suite Ă  une intervention très extĂ©nuante, proposa Ă  Chris d'aller boire un verre pour dĂ©compresser. De fil en aiguille, ils sentirent une tension sexuelle monter entre eux. Et arrivera, ce qui arrivera, ils se retrouvèrent peu de temps après Ă  l’hĂ´tel. Ils devinrent amants. Claire Ă©prouva très vite une gĂŞne, une honte. Elle aimait toujours son mari. Mais elle se rendait compte qu'elle passait plus de temps avec Chris, qu'avec Marc et sa fille Jenna. 

    Avec le temps, Claire se rendit compte qu'elle devenait obsĂ©dĂ©e par son travail. Sa vie amoureuse satisfaite avec Chris, elle faisait moins l'amour avec son mari. Le soir, elle continuait Ă  travailler au lit sur son pc, sur ses notes de travail. Ce qui provoquait rĂ©gulièrement la colère de son mari. Elle n'avait plus envie de faire l'amour car Chris et elle avaient pris une habitude de se voir intimement Ă  l’hĂ´tel après le boulot. Elle craignait que Marc aient des soupçons de son infidĂ©litĂ© très vite. Le travail Ă©tait un excellent et efficace prĂ©texte. 

    La tension avait montĂ© d'un cran Ă  l'entrĂ©e de la prison. On allait accueillir une criminelle, rĂ©cemment arrĂŞtĂ©e. Après des annĂ©es de recherche, la police avait enfin rĂ©ussi Ă  apprĂ©hender la meurtrière, tueuse en sĂ©rie, rĂ©cidiviste, BĂ©atrice Zyto. Plus connue dans la presse comme "BĂ©a", elle avait dĂ©frayĂ© les chroniques. Coupable de 6 meurtres d'hommes de 40 ans Ă  50 ans, personne n'arrivait Ă  comprendre les raisons de ses gestes. Son enfance fut malheureuse, elle a Ă©tĂ© abusĂ©e par son père. Après avoir tuĂ© son premier petit ami, elle prenait l'habitude de sĂ©duire les hommes puis avoir couchĂ© avec eux, les assassinait. La presse prĂ©tendait qu'elle tuait en fonction de la satisfaction qu'elle obtenait d'eux au lit. 

    BĂ©a Ă©tait une très belle femme brune de 40 ans. Elle n'avait aucun mal Ă  sĂ©duire les hommes. Les meurtres Ă©taient très violents. Elle utilisait des armes blanches, souvent de longs couteaux de cuisine. BĂ©a Ă©tait de nature très violente. Elle pouvait facilement passĂ© d'un Ă©tat Ă  l'autre : ĂŠtre un ange, calme, paisible puis basculer Ă  une furie, dĂ©chainĂ©e, pleine de colère. Elle s'Ă©tait sauvagement dĂ©fendue pendant son arrestation. Les policiers en gardaient encore de nombreux stigmates. Elle mĂŞme arriva avec bleus et contusions en prison. Le personnel resta silencieux Ă  son passage, admirant sa beautĂ©, mais dĂ©concertĂ© par ces traces de violence. On la mena de force dans sa cellule, en attendant son condamnation. Nulle doute qu'elle encourait la perpĂ©tuitĂ©.


    Claire suivait de près le cas de BĂ©atrice Zyto qu'elle trouvait fascinante. Elle avait Ă©tudiĂ© son passĂ©, et cherchait tous les indices qui montrait que BĂ©a Ă©tait destinĂ©e Ă  devenir une criminelle. L'annonce de son arrestation fut une bonne nouvelle, non pas pour avoir empĂŞchĂ© cette tueuse de continuer Ă  sĂ©vir, mais surtout car elle avait une magnifique opportunitĂ© de la rencontrer, de la cĂ´toyer. Claire savait que BĂ©a finir par arriver dans la prison oĂą Claire Ă©tudier ses patients pour son grand projet.


    Claire, travaillait en secret, dans le sous sol de sa villa, qu'elle avait amĂ©nagĂ© en un mixte de salle d'opĂ©ration et d'une salle technique. Elle avait conçu une machine. Cette machine devait lui permettre de connecter 2 esprits. Elle pensait mĂŞme pouvoir, grâce Ă  cette machine, transmettre une partie de sa personnalitĂ©, le cotĂ© pacifique, comprĂ©hensif et altruiste Ă  une patiente. Cela pourrait ĂŞtre une base d'un nouveau moyen, une nouvelle mĂ©thode de "guĂ©rison" Ă  ce mal. Elle y travaillait depuis des mois et n'en avait parlĂ© uniquement qu'Ă  Chris. Bizarrement, elle ne voulait pas partager ses recherches avec lui. Chris avait respectĂ© ce choix. Il la connaissait obstinĂ©e, dĂ©terminĂ©e. Il lui demanda juste de jamais utiliser la machine sans lui. Claire lui avait fait une semi promesse. 

    Claire attendait le bon candidat, la bonne patiente. BĂ©a semblait ĂŞtre la candidate idĂ©ale. Si Claire arrivait Ă  comprendre le fond de l’âme de BĂ©a, elle allait rĂ©volutionner l 'approche psychologique des tueuses en sĂ©rie.

    Claire n'eut aucun mal Ă  obtenir un premier rendez vous avec BĂ©a. Il ne s'Ă©tait Ă©coulĂ© que quelques jours depuis son arrestation. BĂ©a s'Ă©tait entre temps calmĂ©, devenait une dĂ©tenue modèle, loin de l'image d'une femme violente qu'elle vĂ©hiculait depuis toujours. Les premiers rĂ©sultats de ses collègues amenaient Ă  penser qu'elle allait Ă©voquer des folies passagères. Ce qu'il la ferait basculer de la case prison Ă  la case institut psychiatrique pour suivi. Claire pensait aussitĂ´t qu'elle simulait. Claire Ă©tait sure que BĂ©a Ă©tait très intelligente, calculatrice.

    Le premier entretien se dĂ©roulait dans le parloir de la prison. Claire restait un peu excitĂ©e Ă  la rencontrer, elle avait un tas de questions Ă  lui poser. Claire trouva BĂ©a très belle. Pas Ă©tonnant que les hommes se faisaient vite sĂ©duire. BĂ©a avait cependant un regard un peu triste.

 - "Bonjour Madame Zyto,  je suis le docteur Claire Lacroix."
 - "EnchantĂ©e, docteur. Vous pouvez m'appeler BĂ©a."
 - "Dans ce cas, appelez moi Claire. Comment allez vous ?"
 - "Ma foi, bien. C'est un putain de bon hĂ´tel ici. La bouffe n'est pas si dĂ©gueu. Et le lit est plus confortable que dans mon dernier logement."

    Claire fut un peu choquĂ© pour cette lĂ©gère vulgaritĂ©. Mais elle se demandait si elle ne le faisait pas exprès. Comme si elle jouait un rĂ´le. 

 - "Heureuse de l'entendre. Je m’intĂ©resse beaucoup Ă  votre cas depuis un long moment."
 - "Ouais comme la plupart des psy et et docs que j'ai croisĂ©. Ils ont toujours cette manie de coller des Ă©tiquettes Ă  des cas comme moi. Ils prĂ©tendent tous pouvoir, me guĂ©rir, me soigner Ă  coup d'analyser ou de cachetons..."
 - "Je ne suis pas comme ces autres docteurs. A la base je suis chirurgienne, devenu spĂ©cialiste du cerveau."
 - "Woua. Vous devez ĂŞtre pĂ©tĂ© de thunes. Je prĂ©sume que vous ĂŞtes la petite bourgeoise bien rangĂ©e, mariĂ©e avec 1 gosse ou 2..., voir mĂŞme un amant ..."

    Cette dernière phrase fit rougir un peu Claire, voir la dĂ©stabilisa. Il ne fallait pas inverser les rĂ´les. Mais BĂ©a Ă©tait tombĂ©e presque juste.

 - "Oui, je suis mariĂ© Ă  un homme charmant, et j'ai une fille ado. Mais revenons plutĂ´t Ă  vous."
 - "Vous n'avez pas rĂ©agir sur l'amant.", fit BĂ©a en souriant.

    Claire ne rĂ©pondit pas, et se baissa pour prendre un dossier dans sa sacoche posĂ©e sur le sol. BĂ©a fixa Claire avec un petit sourire en coin. BĂ©a avait cette petite manie, peut ĂŞtre un TOC de jouer avec ses cheveux.  

    Quelques jours plus tard, Claire avait dĂ©jĂ  rencontrĂ© BĂ©a plusieurs fois. Elle continuait Ă  ĂŞtre fascinĂ© par BĂ©a. Claire demanda Ă  rencontrer le directeur de la prison.

 - "Bonjour Claire, comment allez vous ?", demanda Georges.
 - "Bonjour Georges, très bien et vous ?", rĂ©pondit Claire
 - "Très bien, merci. J'ai appris que vous passez Ă©normĂ©ment de temps avec BĂ©atrice Zyto. Elle semble Ă©normĂ©ment vous intĂ©resser. D'ailleurs, je suis toujours aussi surpris, qu'elle ne nous pose aucun problème pour le moment. C'est pour l'heure une dĂ©tenue modèle. Mais les faits sont lĂ , elle est bien coupable de très nombreux meurtres, extrĂŞmement violents. De ma carrière, je n'ai jamais vu autant de haine et de violence dans ces meurtres. Pourtant quand on la voit..."
 - "Oui, Georges, elle est fascinante. C'est un sujet idĂ©al pour mon projet."
 - "En quoi cela consiste-t-il ?"
 - "Et bien je pense que je peux opĂ©rer un changement sur elle. Je voudrais l'analyser et comprendre le mal qui l'habite. J'aimerai que vous m'autorisiez Ă  pratiquer une petite expĂ©rience Ă  mon domicile. Sous haute surveillance bien entendue..."
 - "Je ne sais pas ... Je suis sceptique. Vous savez je la soupçonne de faire semblant. Son entourage la dĂ©crit comme une personne violente. Je pense qu'elle contrĂ´le parfaitement ses pulsions. Ce qui la rend toujours très dangereuse. Quelle est cette opĂ©ration ?"
 - "C'est juste une sorte de scanner. Un scanner approfondi d'un nouveau genre de son cerveau. Le scanner va analyser plusieurs du cerveau entre 2 personnes. Je serai une rĂ©fĂ©rence."
 - "On dirait que vous cherchez Ă  trouver la zone du cerveau oĂą loge le mal ?"
 - "Oui, tout Ă  fait. Plus les sujets sont opposĂ©s, plus l'analyse sera rĂ©vĂ©latrice. Je ne pourrais pas trouver plus extrĂŞme que BĂ©atrice Zyto."
 - "Laissez moi quelques jours, pour rĂ©flĂ©chir Ă  votre demande."
 - "Merci Georges, d'avoir pris le temps de m'Ă©couter."

   Le surlendemain de l'entretien avec le directeur, Georges avait fait savoir qu'il acceptait la requĂŞte de Claire. Claire Ă©tait aux anges, mais maintenant il fallait expliquer et convaincre BĂ©atrice de faire cette expĂ©rience.

    Claire retrouva BĂ©a dans la cour de la prison. Claire souhaitait que l’entretien soit plus libre, moins surveillĂ©. Le projet demeurait encore un peu secret. Afin d'entrainer un climat de confiance, Claire se montrait ouverte Ă  chaque question que BĂ©a posait sur sa vie privĂ©e. La relation que Claire entretenait avec son mari Marc, ou sa fille Claire. Sans s'en rendre compte, Claire se dĂ©voilait peu Ă  peu. C'Ă©tait limite que BĂ©a savait plus de choses sur Claire, que Claire sur BĂ©a.

 - "Ainsi, vous pensez m'aider ? ... avec cette machine ?", demanda BĂ©a, tout en jouant avec une mèche de ses cheveux.
 - "Oui. Vous pourriez rĂ©volutionner l'Ă©tude du cerveau. Nous pourrions anticiper le comportement par des analyses poussĂ©es, empĂŞcher des femmes, ... comme vous... Ă  passer Ă  l'acte."
 - "Ça se passerait chez vous ?"
 - "Oui, mais ne vous faites pas d'illusions. Vous serez sur haute surveillance !"
 - "Je m'en doute bien. Mais votre machine ne va pas abimer ma cervelle ? C'est que je tiens Ă  mes neurones."
 - "Il n'y a aucun risque. Je serais aussi liĂ©e Ă  cette machine, comme je vous l'ai dit. Elle nĂ©cessite 2 sujets, 1 sujet sain et un sujet ..."

    Claire n'arrivait pas Ă  trouver le bon terme sans vexer, ou blesser BĂ©a.

 - "Malade ? DĂ©rangĂ©e ? CinglĂ©e ? C'est ce que vous alliez dire ?", rĂ©pondit BĂ©a sèchement.
 -  "Je suis lĂ  pour vous aider, BĂ©a. Je pense que tu peux me tutoyer dès Ă  prĂ©sent."
 - "Ouais, je te fais confiance, doc."


    Le grand jour arriva. BĂ©atrice Zyto arriva chez le docteur Claire Lacroix, tot dans la matinĂ©e. Claire avait attendu que son mari et sa fille aient quittĂ© le domicile. BĂ©a arriva escortĂ©e par 2 jeunes policiers plutĂ´t musclĂ©s. A peine entrĂ©e dans le sĂ©jour, BĂ©a balaya u regard chaque pièce qu'elle parcourait, comme si elle analysait les lieux. Claire la soupçonna qu'elle prĂ©parait un plan d'Ă©vasion. Il ne faudrait pas que BĂ©a s'Ă©vade durant l'expĂ©rience, elle risquait sa carrière.

- "Bonjour Béa, comment vas tu ?"
 - "Ça roule, doc. Ça m'a fait du bien cette petite balade. C'est coquet chez toi. J'ai toujours rĂŞvĂ© d'avoir une baraque comme la tienne."
 - "Oui, c'est une villa que mon mari a hĂ©ritĂ©. Elle nous convient parfaitement. La suite va se passer au sous sol."

    BĂ©a semblait analyser le comportement de Claire, et elle continua a scruter les moindres recoins de la villa. Claire s'approcha des 2 policiers.

 - "Messieurs, je vais vous demander de rester ici, le temps que j'analyse le sujet au sous sol."
 - "Madame, nous avons ordre de ne pas la quitter de vue."
 - "Je vous rassure, il n'y a aucune arme, ici, aucun instrument dangereux. Je vous laisse inspecter le sous sol, mais je vous demanderai ensuite de quitter ce laboratoire. Vous verrez qu'il n'y aucune autre sortie que cette porte qui mène au sous sol. Aucune autre porte ou fenĂŞtre, menant Ă  l'extĂ©rieur."
 - "Vous allez rester seule avec elle ?"

    Claire se retourna vers BĂ©a.

 - "J'ai confiance en elle. Tout se passera bien. N'est ce pas, BĂ©a ?"
 - "Bien sur, doc. Je saurai me tenir Ă  carreaux."


    BĂ©a suivit Claire dans un couloir, qui se terminait par une porte assez sombre. La porte s'ouvrait sur un escalier qui menait au sous-sol. Une autre porte se prĂ©senta Ă  eux. BĂ©a rĂ©ussit Ă  voir le code d'ouverture de la porte lorsque Claire se mit Ă  le saisir. BĂ©a garda l'information en mĂ©moire, se disant que cela pourrait lui ĂŞtre utile peut ĂŞtre Ă  un moment.

     Claire et BĂ©a entrèrent dans une immense pièce, assez sombre dans l'ensemble. La pièce semblait ĂŞtre un mixte de plusieurs pièces. D'un cotĂ©, on pouvait voir comme une salle d'opĂ©ration Ă  gauche. Et Ă  droite, sur la partie la plus dominante, il y avait une impressionnante machine composĂ©e de plusieurs Ă©crans, et deux sièges. Au dessus des sièges, se dressaient comme des sortes de scanners ronds. Les sièges avaient un faux semblant de chaises Ă©lectriques bleutĂ©es qui dĂ©rangèrent BĂ©atrice sur le coup.

 

    Claire fit signe Ă  BĂ©a de prendre place sur le siège de droite. Elle vit que BĂ©atrice ne semblait pas Ă  son aise.

 - "Ne t’inquiètes pas. Il ne t'arrivera rien.", fit Claire.
 - "Que va t il se passer exactement ?", demanda BĂ©a.
 - "Et bien, je vois pouvoir cartographier ton cerveau. Les scanners de ces 2 sièges vont se synchroniser et comparer chaque parcelle de nos cerveaux. Je vais servir de rĂ©fĂ©rence. Un petit bout de moi t'aidera Ă  mieux dissocier le bien du mal."
 - "J'espère que tu ne mettras pas plus de bordel dans mon cerveau, que ça ne l'est dĂ©jĂ  !"

    Claire prit Ă  son tour sa place sur l'autre siège. Un Ă©cran tactile Ă©tait prĂ©sent Ă  cotĂ© du siège de Claire. Elle commença Ă  pianoter sur l'Ă©cran diffĂ©rentes instructions. La machine Ă©mit une sorte de vrombissements. Plus Claire taper sur l'Ă©cran, plus la machine faisait un bruit plus fort. BĂ©atrice observait chaque geste de Claire. Elle ne comprenait absolument pas ce que Claire faisait, mais BĂ©atrice profita de son excellente mĂ©moire pour se souvenir du procĂ©dĂ©.    

    Claire semblait avoir fini le paramĂ©trage. Elle se cala ensuite plus confortablement dans son fauteuil, puis dit : 

 - "Vous devriez fermer les yeux. Vous allez ressentir comme une lĂ©gère dĂ©charge au niveau de la tĂŞte. C'est tout Ă  fait normal et sans douleur. Laissez vous aller. Relaxez vous, je vous dirais quand ça sera fini."

    BĂ©atrice obĂ©it et ferma les yeux. Claire fit de mĂŞme ensuite. Toutes les deux eurent ensuite comme de lĂ©gers sursauts, des petits spasmes. BĂ©atrice et Claire eurent la sensation comme de flotter, d'ĂŞtre engourdies. Puis, soudainement, la machine Ă©mit plusieurs bips, mais Claire et BĂ©a n'y prĂŞtèrent aucune attention. L'Ă©cran afficha plusieurs messages en rouge. Il y eut ensuite un petit Ă©clair, puis Claire et BĂ©a ressentirent une secousse Ă©lectrique, puis s'Ă©vanouirent.

    BĂ©a et Claire ouvrirent les yeux en mĂŞme temps. Elle se fixèrent quelques secondes. Claire semblait comme Ă©tonnĂ©e, surprise, tandis que BĂ©atrice, semblait, quant Ă  elle, comme choquĂ©e. AussitĂ´t BĂ©a regarda l'Ă©cran et ordonna :  

  - "Appuyez sur le gros icĂ´ne sur l'Ă©cran." 
 - "Mais que s'est il passĂ© ?"
 - "Tout va bien, c'est une anomalie, appuyez sur cette icĂ´ne, bon sang !"
 - "Mais, on dirait que ..."
 - "Restez assise, et appuyez sur cette foutue icĂ´ne !"

    Claire se mit Ă  sourire et se leva, elle s'approcha de BĂ©atrice qui restait effrayĂ©e et en colère.

 - "Mais que faites vous ?", dit BĂ©atrice.
 - "L'opĂ©ration est finie, doc. Il est temps d'y aller !"
 - "Qu'est ce qui vous prend ?"
 - "Allons, BĂ©atrice. Laissez vous reconduire gentiment en prison !"
 - "Mais vous ĂŞtes folle ! Personne ne croira que vous ĂŞtes Claire Lacroix !"

    Claire et BĂ©atrice avaient donc changĂ© de corps. La machine pour une raison obscure, avait inversĂ© les esprits des corps de Claire Lacroix et BĂ©atrice Zyto. BĂ©a dans le corps de Claire rĂ©ajusta un peu son tailleur, s'Ă©tant mal assise sur le siège. Claire dans le corps de BĂ©atrice semblait dĂ©boussolĂ©e. BĂ©a commença alors Ă  jouer avec une mèche des cheveux de Claire.

 - "Qui croira cette histoire de dingues !"

    A ces mots, BĂ©a appela les 2 policiers qui Ă©taient restĂ© Ă  l'Ă©tage. Reconnaissant la voix du docteur, ils descendirent aussi vite que possible. Ne cherchant pas Ă  comprendre ou ils Ă©taient, ils dirigèrent aussitĂ´t vers Claire dans le corps de BĂ©atrice. Claire s’apprĂŞtait Ă  se jeter sur BĂ©atrice, pour la contraindre Ă  se rĂ© assoir, et Ă  relancer la machine. BĂ©atrice prit une voix apeurĂ©e devant les policiers en disant : 

 - "Je ne sais pas ce qui lui prend. Elle dit qu'elle est moi, qu'elle est le docteur Claire Lacroix. Je crois hĂ©las qu'elle a perdu la raison... ArrĂŞtez lĂ  vite !!"

    Claire se rendit compte, qu'elle se retrouvait piĂ©gĂ©e dans le corps de BĂ©atrice. Elle n'eut pas le temps de prononcer un mot, que les 2 policiers l’agrippèrent.

 - "Mais c'est moi ! Je suis Claire Lacroix ! Elle a volĂ© mon corps. Ma machine n'a pas fonctionner correctement."

    Les 2 policiers la firent remonter de force Ă  l'Ă©tage. Claire Ă©tait hors d'elle, elle ressentait mĂŞme une force diffĂ©rente, une violence qu'elle n'avait jamais ressenti. Voyant qu'elle se dĂ©battait de plus en plus fortement, l'un des policiers lui donna un coup violant au ventre, lui coupant brutalement le souffle. Claire eut mal et s'agenouilla. L'autre policier lui mit les mains derrière le dos, et la re menotta. Le premier policier donna un coup Ă  la tĂŞte avec une sorte de petite matraque. Cela sonna complĂ©tement Claire. BĂ©atrice assista Ă  la scène de façon amusĂ©e. Les 2 policiers ne remarquèrent pas le regard lĂ©gèrement sadique de BĂ©atrice qui prenait un immense plaisir Ă  ce spectacle. Elle faillait leur demander d'ĂŞtre moins violent. Il s'agissait de son corps tout de mĂŞme. 

    Les 2 policiers sortirent de la villa en trainant Claire, presque inconsciente dans le corps de BĂ©a. BĂ©atrice s'excusa auprès des policiers pour cet incident. Elle leur firent un immense sourire complice. 

 - "On va la ramener en cellule..", fit l'un des policiers.
 - "Mais... c'est moi.. Je suis Claire La...", dit un dernier effort Claire, avant de s'Ă©vanouir complĂ©tement.

    BĂ©atrice fit un signe au revoir Ă  la voiture de police, qui s'Ă©loignait de la villa. Libre, elle Ă©tait libre. DĂ©barrassĂ©e de ces poulets, elle dit qu'il Ă©tait temps de faire le point sur la situation. Quels seraient les perspectives de ce nouveau corps, de cette nouvelle identitĂ© ?   

    BĂ©a se sentait diffĂ©rente, elle se disait avoir de la chance que cette docteur avait sensiblement le mĂŞme âge qu'elle. Elle prit le temps de parcourir les diffĂ©rentes pièces de la villa. Elle se mit Ă  mĂ©moriser la plupart des photos, cadres qui dĂ©coraient la demeure. Elle finit par trouver le bureau de Claire. Elle fouilla aussitĂ´t dans tous les papiers. Claire avait pris de nombreuses notes sur ses entretiens avec les diffĂ©rents patients, elle trouva mĂŞme un compte rendu complet sur ses sĂ©ances. BĂ©a Ă©tait amusĂ©e Ă  lire ses conclusions qu'elle trouva parfois juste. Mais elle Ă©tait ravie de dĂ©couvrir que Claire Ă©tait tombĂ©e dans le panneau Ă  plusieurs reprises, que ses mensonges avaient Ă©tĂ© pris pour argent comptant. BĂ©a s'Ă©tait jouĂ© de Claire et de tout le personnel de la prison finalement. Elle avait eu raison, de faire la dĂ©tenue calme et tranquille, alors qu'elle bouillonnait. Cette patience avait fini par payer. Le hasard a fait qu'elle Ă©tait devenue Claire Lacroix, une Ă©vasion originale, et le point de dĂ©part d'une nouvelle vie. 

    BĂ©a se dit qu'il Ă©tait temps de dĂ©couvrir son nouveau visage. Après avoir fini de fouiller son bureau et après avoir mĂ©morisĂ© les notes qui concernait la machine, BĂ©a trouva une première salle de bains. Elle s'approcha doucement du miroir, se pencha pour admirer son visage de plus près. Elle trouva quelques minuscules rides apparentes. Mais c'est un petit prix Ă  payer pour retrouver sa libertĂ©. BĂ©a se trouvait jolie dans le corps du docteur Lacroix. Elle s'imagina poursuivre ses "Ĺ“uvres" grâce Ă  cette nouvelle identitĂ©. Son ancien corps semblait beaucoup plaisir Ă  la gente masculine, voir mĂŞme fĂ©minine. BĂ©a prĂ©voya de faire quelques petites retouches avant de quitter la ville, mais elle dĂ©cida par s'amuser un peu.

 

     Après la salle de bains, direction la penderie. BĂ©atrice n'avait jamais eu jamais de penderie car elle ne restait jamais longtemps au mĂŞme endroit. Disposant de peu de moyens, c'Ă©tait souvent les hommes qui lui offraient des vĂŞtements, mais elle ne les gardait jamais longtemps, autant les vĂŞtements que les hommes d'ailleurs. Elle trouva des tenues plutĂ´t strictes, aucune tenue rĂ©ellement glamour Ă  part une robe de soirĂ©e qui semblait ne pas avoir Ă©tĂ© portĂ© depuis des annĂ©es. Aucune fantaisie dans les tenues. Mais finalement, elle se trouva enfin une jupe en cuir noir qui lui plut aussitĂ´t, accompagnĂ© par la douceur d'une chemise en satin blanc. BĂ©a n'avait jamais portĂ© de satin, elle apprĂ©cia le contact de ce tissu sur sa nouvelle peau. 

    BĂ©a trouva un paquet de bijoux. Son premier rĂ©flexe fut de tout emballer dans un sac et s'enfuir. Mais c'Ă©tait stupide. Ces bijoux appartenait au corps qu'elle occupait. Elle en essaya plusieurs. Certains devaient valoir une fortune. Plus BĂ©a passait du temps dans le corps de Claire, plus elle en comprenait les bĂ©nĂ©fices. Rester Ă  savoir, s'il sera facile de se faire passer pour elle, au moins pendant un temps... 

 

    Une heure plus tard, Claire arrivait en prison dans le corps de BĂ©a. Durant tout le trajet, elle Ă©tait restĂ©e quasiment inconsciente la plupart du temps. Les coups reçus par les policiers l'avaient complĂ©tement sonnĂ©. Elle se souvint d'avoir rĂ©pĂ©tĂ© d'une voix très bonne qu'elle n'Ă©tait pas BĂ©a et que les policiers qui l'escortait n'y prĂŞtaient aucune attention.

    On la mena dans une cellule, puis elle se retrouva très rapidement seule. BĂ©a, Ă©tant une criminelle strictement renommĂ©,  Ă©tait isolĂ© dans un quartier de haute sĂ©curitĂ©. Sa cellule n'offrait pas le luxe de pouvoir discuter avec d'autres quo-dĂ©tenues. MĂŞme si Claire pensait retrouver ses esprits, elle se sentait comme dans un cauchemar. Elle eut un haut le cĹ“ur, puis regarda ses mains, et s'entendit crier Ă  nouveau qu'elle n'Ă©tait pas BĂ©a. Ce n'Ă©tait pas sa voix non plus. Elle s'allongea dans le lit dans sa cellule et finit par s'endormir, elle espĂ©ra de se rĂ©veiller de ce cauchemar...

 

     Quelques heures plus tard, BĂ©a sortit de la penderie après avoir validĂ© sa nouvelle apparence. Elle entendit du bruit dans la cuisine et dĂ©cida de s'y rendre. Il Ă©tait temps de commencer Ă  jouer la comĂ©die. Elle trouva une jeune fille brune ravissante, et la reconnut très vite. Elle Ă©tait sur le portrait de famille situĂ© dans le bureau de Claire. Elle se souvint aussitĂ´t de son prĂ©nom : Jenna.

 - "Salut, Jenna, comment ça va ?", demanda BĂ©a sur ton ton strict.
 - "Euh, bien... Tu sais qu'on s'est dĂ©jĂ  vu ce matin.", rĂ©pondit Jenna d'un air un peu surpris.
 - "Je sais. Rien ne me m’empĂŞche de m'inquiĂ©ter pour ma p'tite ado chĂ©rie.", dit d'un ton amusĂ© BĂ©a.
 - "Tu veux reprendre notre discussion de la dernière fois ?"

    BĂ©a sentit une petite montĂ©e de tension. De quel sujet s'agissait il ? De quoi Claire et Jenna avaient elle discutĂ© qui mĂ©ritait une suite.BĂ©a choisit une rĂ©ponse basique : 

 - "Non, pas besoin. J'avais tort. Après tout, fais ce qu'il te plait, je m'en fiche."

    BĂ©a tourna le dos Ă  sa Jenna, et prit un petit miroir de poche et se contempla Ă  nouveau. Jenna demeura surprise par l'attitude de sa mère.

 - "T'es sure ? T'es bizarre, je trouve !"
 - "Ouais, tu as devant toi la nouvelle Claire. Et puis ça te plait, va te faire voir !"

    Jenna sembla ensuite parler dans le vide, BĂ©a ne lui prĂŞta plus attention. Jenna resta surprise Ă  voir sa mère passer autant de temps devant son miroir. Elle n'Ă©tait pas aussi narcissique, ni aussi aussi coquette. Jenna n'avait jamais vu sa mère dans une tenue si ... sexy. Cela ne lui ressemblait, elle mit ça sur le dos de la crise de la quarantaine.  

 

     L'Ă©tape suivante Ă©tait de convaincre Marc, le mari de Claire. BĂ©a avait reçu un message de Marc l'invitant Ă  le rejoindre dans une rue pas très loin pour aller dĂ©jeuner. Heureusement que le tĂ©lĂ©phone portable de Claire pouvait se dĂ©verrouiller pas reconnaissance faciale. BĂ©a avait ainsi pu obtenir encore un maximum d'informations sur Claire. BĂ©a prit la veste accrochĂ©e au porte manteau de l'entrĂ©e, puis son sac Ă  main. BĂ©a s'amusa Ă  fouiller innocemment le contenu du sac. Le porte monnaie Ă©tait bien garnie en argent liquide. Les diffĂ©rentes CB pourraient ĂŞtre utiles avec le sans contact. 

    BĂ©a connaissait bien le quartier. Elle n'eut aucun mal Ă  trouver le lieu de rendez-vous. Tout comme pour Jenna, elle reconnut par Marc grâce au portrait. Elle le trouvait beau gosse, Ă  son gout. SĂ©duisant avec ses cheveux poivre et sel.  HabillĂ© très classe, le genre d'homme que BĂ©a ne frĂ©quentait jamais. Ses partenaires Ă©taient souvent de type voyou, rebelle. BĂ©a se disait qu'elle pourrait gouter ce genre de relations comme on goute du caviar. 

 - "Salut ma chĂ©rie, comment se passe ta journĂ©e ?", demanda Marc

    BĂ©a Ă©tait dĂ©concertĂ©e par l’appellation ma chĂ©rie. Cela l'amusa, mais elle s’empĂŞcha de rire ou sourire.

 - "Très bien, mon cĹ“ur. Je vais merveilleusement bien."
 - "Oui, tu sembles ... diffĂ©rente... "

    Marc se mit Ă  la contempler des pieds Ă  la tĂŞte. Il comprit enfin ce qu'il voyait en elle de diffĂ©rent. Elle souriait plus, mais surtout il ne l'avait jamais vu avec ce genre de tenue. Claire portait rarement robe, ou jupe. Et encore moins des collants. Il l'ignora mĂŞme jusqu'Ă  l'existence de cette tenue.

    BĂ©a s'aperçut que Marc s'intriguait en la voyant. Elle devait agir vite, le dĂ©concentrer. Ils s'arrĂŞtèrent de marcher, et BĂ©a le surpris en l'enlaçant, et l'embrassant sauvagement. Elle ajouta : 

 - "Rentrons Ă  la maison, nous avons de retard Ă  rattraper, j'imagine. J'ai plein de jeux en tĂŞte."

    BĂ©a sentit une bosse sous la ceinture de Marc, elle en dĂ©duit qu'elle avait toujours son petit effet. Pris d’excitation, Marc fit un oui de la tĂŞte. Ils reprirent le chemin de la villa. 

 

     Marc et BĂ©a accĂ©lèrent le pas pour rentrer vite Ă  la villa. Ils se prĂ©cipitèrent vers la chambre. BĂ©a demanda Ă  Marc de se dĂ©shabiller et de l'attendre au lit pendant qu'elle se prĂ©pare, puis elle prit la direction de la penderie. BĂ©a voulait retrouver une certaine familiaritĂ© en changeant dans une tenue plus habituelle pour elle. Elle trouva un mini short en jean, et un t-shirt noir. Cette tenue semblait appartenir Ă  sa fille. Peut ĂŞtre que Claire l'aura confisquĂ© Ă  sa fille. BĂ©a se changea et rejoignit Marc dĂ©jĂ  nu au lit. Elle monta sur le lit tel une panthère et l'embrassa aussi vite Ă  pleine bouche. Jamais Marc n'avait fait l'amour avec Claire de façon si sauvage. Le moment suivant fut des plus torrides. Marc Ă©tait apriori un bon amant. BĂ©a se dĂ©couvrit des nouvelles sensations avec son nouveau corps. Certes lĂ©gèrement plus vieux, mais dĂ©bordant toujours d"Ă©nergie. Et d’attrait, Marc rĂ©pĂ©tant rĂ©gulièrement comment il la trouvait belle et dĂ©sirable. 

    Plus tard, Marc se leva pour aller prendre une douche. BĂ©a profita pour s'allumer une cigarette. Elle n'avait jamais le docteur Lacroix fumer, elle en conclut donc qu'elle avait des poumons toute neufs qu'elle pouvait encrasser Ă  nouveau, ce qui l'amusa.  

 

    Pendant ce temps, Claire reprit peu Ă  peu connaissance et conscience de la triste situation. Elle Ă©tait dans le corps de BĂ©atrice Zyto. Personne ne la croirait. Elle cria de toutes ses forces derrière les barreaux de sa cellule, cherchant les mots, la bonne intention pour dire qu'elle Ă©tait la rĂ©elle docteur Claire Lacroix. HĂ©las, elle Ă©tait dans une cellule isolĂ©e, oĂą il y avait moins de dĂ©tenues, et les rares gardiens qui passaient de lui prĂŞtaient aucune attention. Elle avait beau crier des informations personnelles, Ă©voquant sa famille, ses collèges, la machine. Mais tout semblait surrĂ©aliste quand elle s'entendait. De plus, peu de personne connaissait ses travaux.

 

     Claire fatiguĂ©e par ses cris rĂ©pĂ©tĂ©s, finit par se calme et alla s'assoir parterre, tout le mur, pour se mettre Ă  rĂ©flĂ©chir. Elle commença un peu Ă  dĂ©primer, ses pensĂ©es s'obscurcissent. Elle allait commencer Ă  pleurer, lorsqu'elle entendit la porte de sa cellule s'ouvrir. Elle leva les yeux, et eut l'impression d'ĂŞtre Ă  nouveau dans un cauchemar. Elle se voyait debout devant elle, portant sa blouse de docteur, tenant un dossier entre ses bras. Cela fit dĂ©primer encore plus Claire, BĂ©a avait rĂ©ussi Ă  convaincre tout le monde pour le moment. 

 - "Salut doc, comment ça va ?", fit BĂ©a avec une voix mielleuse.

     Claire ne rĂ©pondit pas, ce qui ne gĂŞne pas pas BĂ©a, qui continua Ă  parler toute seule, tout en tortillant une mèche de ses cheveux.

 - "Tu as une vie sympa, doc. Elle manque un peu de piquant. Mais je m'Ă©clate. Merci encore pour ce cadeau. Ta fille semble une vraie peste, mais je m'en fouts. Par contre, ton mari, Marc s'avère ĂŞtre quand Ă  lui ... "

    BĂ©a se pencha vers Claire, et complĂ©ta en riant :

 - ".. un amant exceptionnel. Je l'ai fait jouir 2 fois tout Ă  l'heure. Cela la empĂŞche de s'intriguer sur ton nouveau comportement."
 - "Cela ne dura pas. Tout ou tard, ils vont dĂ©couvrir que ..."
 - "Quoi  ? Que je suis BĂ©a... Tu vas essayer de cafter ? Et puis qui pourrait te croire, doc ?"
 - "Je trouvais ..."
 - "T'as plutĂ´t intĂ©rĂŞt Ă  fermer ta gueule, doc ! Sinon, si tu sais ce dont je suis capable ! Ton mari a beau ĂŞtre un bon coup, ça reste un mec sans intĂ©rĂŞt. Et puis pour garder ma libertĂ©, je pourrais m’intĂ©resser aussi grandement Ă  ta fille ... T'as bien compris ?.."
 - "... Oui... Ne leur fais pas de mal, je t'en prie."
 - "J'y pense ... Personne ne connait l'existence de ta machine ? J'ai compris que Jenna et Marc n'allaient jamais au sous sol de ta baraque."
 - "Non.. C'Ă©tait un projet personnel..."
 - "Tant mieux, et ça restera ainsi... jusqu'Ă  tant que je dĂ©cide de la suite .."

    BĂ©a sortit de la cellule, en faisant un immense sourire au gardien. Sortir d'une cellule aussi facilement la fit presque rire.

 - "A la prochaine, BĂ©atrice Zyto. Profitez bien de votre sĂ©jour.", cria BĂ©a en s'Ă©loignant.

 

     Après le dĂ©part de BĂ©a, Claire rumina dans sa cellule. Que devait elle faire ? Sa famille Ă©tait en danger et tout Ă©tait de de sa faute. Elle comprit qu'elle ne pourrait convaincre personne. Cette situation Ă©tait complĂ©tement dingue. Elle ne voyait qu'une seule personne qui pourrait l'aider. La seule personne au courant de ses travaux. Mais il fallait qu'elle sorte de prison le plus vite possible. Dieu sait ce que serait capable de faire BĂ©a ? Dans son corps, elle pourrait tuer Ă  nouveau. Et si Claire venait Ă  rĂ©cupĂ©rer son corps, elle serait accusĂ© de tous ces crimes.

 

     C'Ă©tait l'heure des repas, Claire n'avait pas le choix. Vu qu'elle ne disposait d'aucun droit de visite, elle devait s'Ă©chapper par n'importe quel moyen ! Par chance, elle connaissait par cĹ“ur la prison, pour y ĂŞtre employĂ© depuis un long moment comme psychiatre. Le gardien vint lui apporter un plateau repas. Le gardien baissa sa garde pendant un court instant, Claire en profita, animĂ© d'une force et d'une violence qu'elle ne soupçonna pas, pour jeter le contenu du plateau sur le sol, ce qui surpris le gardien. Il lui tourna le dos pendant quelques secondes, et avec sa force, l'assomma avec le plateau. Claire savait ou frapper, elle savait ou elle pourrait rendre inconscient quelqu'un. Elle connaissait chaque zone du cerveau, et par extension du crane. Le gardien s’effondra sur le sol. Claire lui prit les clĂ©s, et referma derrière elle. Elle prit les bonnes annĂ©es, les bons couloirs et rĂ©ussit Ă  se retrouver dehors. Elle Ă©tait libre.

 

    La police alerta aussitĂ´t le docteur Lacroix de l'Ă©vasion de BĂ©atrice Zyto. BĂ©a fut en colère d'apprendre la nouvelle. Comment avait elle rĂ©ussi ? Finalement, BĂ©a trouva que Claire Ă©tait plein de ressources. Mais qu’espĂ©rait elle ? Elle serait en cavale. Elle savait que Claire prendrait au sĂ©rieux ses menaces. 

    BĂ©a prit la dĂ©cision de cacher la famille de Claire. Elle expliqua Ă  Marc qu'une des ses patientes, la plus dangereuse venait de s'Ă©chapper. Et vu que cette criminelle faisait une fixette sur elle, elle se sentait, elle et sa famille menacĂ©es ! Elle proposa Ă  Marc de s'installer avec Jenna dans un hĂ´tel 3 Ă©toilĂ©s, Ă©loignĂ© de leur villa. Marc obĂ©it. Ils arrivèrent Ă  l'hĂ´tel en milieu d'après midi. Claire s'Ă©tait Ă©vadĂ© que depuis 2 heures.

 - "Bonjour, nous avons tĂ©lĂ©phonĂ© pour un rĂ©servation. Mr et Mme Saint Martin.", fit BĂ©a.
 - "Oui une chambre avec 2 lits doubles. Vous pouvez remplir le formulaire, s'il vous plait.", fit la rĂ©ceptionniste.
 - "Ben sur"

    BĂ©a inventa toutes le informations. La rĂ©ceptionniste lui remit la clĂ©. Elle le tendit Ă  Marc.

 - "Installez vous Je vais passer quelques coups de fil pour savoir ou en sont leurs recherches. Nous ne restons pas longtemps dans cet hĂ´tel, je vous le promets. C'est de ma faute, si cette BĂ©a m'en veut. Elle fait un transfert d'identitĂ©. Cela arrive souvent."

- "Sois prudente.", lui dit Marc après l'avoir embrassé.

 

     Claire dĂ©ambula longtemps après son Ă©vasion dans les rues. Elle semblait perdue, dĂ©boussolĂ©e. Jamais, elle ne s'Ă©tait senti aussi dĂ©sarmĂ©e. Elle se mit Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  un plan pour rĂ©cupĂ©rer son corps, son identitĂ©, sa vie. Retourner Ă  son domicile, ou contacter son mari seraient trop dangereux. BĂ©a devait dĂ©jĂ  certainement ĂŞtre au courant de son Ă©vasion, vu qu'elle Ă©tait la psychiatre attitrĂ©e. Elle espĂ©ra que son Ă©vasion ne mettrait pas en danger sa famille. Appeler Marc ou Jenna Ă©taient Ă©galement risquĂ©, et si BĂ©a Ă©tait prĂ©sente pendant son appel ? Ou pire, si c'Ă©tait BĂ©a qui rĂ©pondait ?

     Claire n'avait plus qu'un seul moyen: contacter Chris. Il Ă©tait le seul Ă  qui elle s'Ă©tait confiĂ© et le seul qui sera capable de croire Ă  cette histoire insensĂ©e. Claire trouva une cabine tĂ©lĂ©phonique dans une rue dĂ©serte. Elle Ă©tait fatiguĂ©e car elle n'avait cessĂ© de marcher ou courir depuis son Ă©vasion. Il lui fallait un pied Ă  terre pour se reposer. Elle appela Chris.

 - "Allo Chris ! C'est moi !"
 - "Allo, qui est Ă  l'appareil ?"
 - "Chris, c'est moi, Claire Lacroix. Je t'en supplie ne raccroche pas !"
 - "Mais qui ĂŞtes vous ? Claire ? Je ne reconnais pas ta voix..."
 - "Oui c'est moi, c'est une histoire de fou.. Il faut .. Il faut que tu m'aides. Tu es le seul qui puisse m'aider."
 - "Vous devez ĂŞtre cette criminelle, .. cette dĂ©tenue qui s'est Ă©chappĂ©e rĂ©cemment qui en veut Ă  Claire."
 - "Non, Chris, c'est bien moi .. Claire.... Nous ... nous sommes amants depuis plusieurs mois, nous travaillons ensemble depuis encore plus longtemps. ...Je ... je t'ai dit que j'adorais travailler avec toi. Nous nous voyons Ă  l’hĂ´tel."
 - "C'est dingue ! ça ne peut pas ĂŞtre toi. Je doute que Claire vous aurait dĂ©voilĂ© ça !"
 - "Je t'en supplie. Il faut que tu me crois... La machine .. Je l'ai terminĂ© et utilisĂ© avec BĂ©atrice Zyto... Nous... Nous avons.. Dieu sait seul comment...Nous avons permutĂ© nos corps. Rappelle toi, quand je t'avais dĂ©crit mes travaux, tu m'avais dit qu'il y aurait un risque Ă  dĂ©placer des fragments de nous mĂŞme. Et je ... Et je t'avais promis de ne rien tenter sans toi .. Je suis ... Je suis dĂ©solĂ©e."

    A ses derniers mots, Claire se mit Ă  pleurer. Chris ne savait plus quoi penser Ă  l'autre bout du tĂ©lĂ©phone. Ça semblait si peu vraisemblable, mais si crĂ©dible quand on connait les expĂ©rimentations de Claire.

 - "Ok, rejoins moi Ă  mon appartement. Je vais t'aider."

 

      Vingt minutes plus tard, Claire poireauta un petit moment devant l'immeuble ou vivait Chris. Elle prĂ©fĂ©ra entrer sans que personne ne la voit. Elle attendit quelqu'un entre dans l'immeuble, et passer derrière discrètement avant que la porte ne se ferme. Elle monta ensuite les 3 Ă©tages par l'escalier et sonna Ă  la porte de son appartement. Chris ouvrit la porte et dĂ©couvrit une jeune femme brune inconnue devant lui.

 - "Claire ?... c'est toi ?", demanda Chris.
 - "Oui, Chris.. c'est bien moi."

     Elle s'avança vers lui pour l'enlacer. Au dĂ©but, Chris semblait choquĂ© et recula d'un pas, ce qui attrista Claire. 

 -  "Merci, Chris. Tu es le seul qui puisse m'aider !"
 - "Claire, mais comment est ce arrivĂ© ?"
 - "La machine. Elle a surchauffĂ© pour la phase de scan. Nos mĂ©moires, nos identitĂ©s ont Ă©tĂ© interverties. Nous avons Ă©changĂ© nos corps."
 - "Cela explique le curieux comportement de Claire."
 - "Ce n'Ă©tait pas moi. C'Ă©tait BĂ©atrice Zyto."
 - "Elle me semblait distante la dernière fois que je l'ai vu."
 - "Tu.. Tu ne lui as rien dit ? rien fait ?"
 - "Non, j'avais trop de travail. Je pensai qu'elle voulait qu'on soit plus discret."

    Chris fit rentrer Claire. Claire venait d'attraper la pluie et n'avait plus un poil de sec. Elle Ă©tait trempĂ©e de la tĂŞte aux pieds. 

 - "Rentre. Il faut te changer. Je dois encore avoir des vĂŞtements de mon ex femme dans un carton. Ils devraient t'aller. Vite, avant que tu n'attrapes froid."

 

     Chris donna plusieurs vĂŞtements Ă  Claire et la laissa aller dans la salle de bains. Claire retira sa tenue mouillĂ©e de prisonnière et la balança sur le sol. Puis, elle regarda ce qui lui Ă©tait mettable et permettrait de rester discrète. Elle trouva un t-shirt noir, et un legging en cuir noir Ă  sa taille. 

    Une fois habillĂ©e, Claire se regarda dans le miroir. Elle n'avait pas encore l'occasion de voir l'ampleur des dĂ©gâts. Elle Ă©tait effrayĂ©e intĂ©rieurement de dĂ©couvrir le visage de BĂ©atrice Zyto Ă  la place du sien. Son reflet n'Ă©tait plus le sien. Elle pensa ĂŞtre dans un cauchemar, mais non. Chacun de ses mouvements Ă©tait bien singĂ© par le reflet de cette criminelle. Elle Ă©tait bien dans le corps de BĂ©a. Elle ne rĂŞvait pas. Elle toucha son visage, et ne reconnut plus ses traits. Elle se consola avec l'idĂ©e d'avoir quelques annĂ©es de moins, BĂ©a Ă©tant lĂ©gèrement plus jeune qu'elle. Puis elle repensa aux nombreux amants que BĂ©a avait eu dans sa vie, et se sentit souillĂ©e, puis elle regarda ses mains. Ses mains tachĂ©es Ă  de nombreuses reprises par le sang de ses nombreuses victimes. Elle pensa aussitĂ´t Ă  Marc, Ă  Jenna.

    Claire sortit de la salle de bains et rejoignit Chris au salon qui l'attendait assis sur le canapĂ©.

 - "Tu as trouvĂ© ce qu'il te faut ?", demanda Chris.
 - "Oui, je te remercie."

    Claire vit que Chris la dĂ©visageait, l'observait des pieds Ă  la tĂŞte.

 - "Oui, Chris. C'est bien moi. Claire. Il faut que tu m'aides Ă  retrouver mon corps."
 - "Mais, comment faire ?"
 - "Avant toute chose, il faut que tu m'aides Ă  Ă©loigner Marc et Jenna de BĂ©a. Il faut que tu appelles Marc et que tu demandes Ă  lui parler en urgence. Pendant ce temps, je vais retourner Ă  la villa, pour voir si BĂ©a y est. Je dois Ă  tout prix, relire mes notes sur la machine, savoir si je pourrais refaire l'expĂ©rience en sens inverse."
 - "Mais que veux tu que je raconte Ă  Marc ?"
 - "Essaie la vĂ©ritĂ© ! Dis lui la vĂ©ritĂ© !"
 - "Mais il faudrait que je parle de .. nous ?"
 - "Qu'importe ! Je veux retrouver ma vie."

    Chris prit son tĂ©lĂ©phone portable, et composa le numĂ©ro de Marc. Ils se donnèrent rendez vous dans un cafĂ©.

 

     Le cafĂ© n'Ă©tait pas trop loin de l'hĂ´tel ou Marc et Jenna Ă©taient descendues. Marc laissa Jenna dans sa chambre, toujours occupĂ©e avec son tĂ©lĂ©phone portable. Il Ă©tait intriguĂ© par le coup de fil de Chris. Marc trouva Ă©trange le ton de sa voix. Il le soupçonnait depuis longtemps d'ĂŞtre l'amant de Claire. Ce qui ne sera pas Ă©tonnant, vu le temps qu'ils passaient ensemble.

     Chris Ă©tait en survĂŞtement et attendait Ă  une table en terrasse. Ils se firent signe de la tĂŞte et Marc le rejoignit.

 - "Tu prends quelque chose ?"
 - "Oui, un cafĂ©."

    Chris fit signe au serveur, de rapporter un second cafĂ©.

 - "Alors, Chris, raconte moi que se passe t il ? Tu avais l'air Ă©trange au tĂ©lĂ©phone."
 - "Écoute Marc, crevons l'abcès tout de suite. Je suis bien l'amant de ta femme."

    Le sang de Marc se mit Ă  bouillir, mais n'eut le temps de rĂ©agir ou de rĂ©pondre, avant que Chris ne reprenne la parole.

 - "Elle est en danger, Marc. Claire est en grand danger !"
 - "Oui, je sais. C'est cette criminelle qui l’obsède. Cette BĂ©atrice Zyto. Elle est en cavale, et cherche Claire."
 - "Oui, mais ce n'est pas ce que tu crois.. Claire ...Claire a fait des expĂ©riences sur BĂ©atrice..."
 - "Des expĂ©riences, quelles expĂ©riences ? "
 - "Claire voulait en savoir plus sur le comportement des criminelles, le fond de leurs âmes, la part du mal qui rĂ©side dans le cerveau. Elle a crĂ©e une machine, qui avait pour but de scanner et comparer les activitĂ©s cĂ©rĂ©brales de 2 personnes... La machine a dĂ©raillĂ©... Claire et BĂ©atrice ont Ă©changĂ© leurs corps."

    Marc Ă©tait prĂŞt Ă  rire pour l'absurditĂ© de cette dernière phrase, mais vit que Chris restait le plus sĂ©rieux du monde.

 - "C'est n'importe quoi !"
 - "La personne qui se fait passer pour Claire, c'est bien BĂ©atrice Zyto. Elle est dangereuse, Marc. Il faut que tu t'Ă©loignes d'elle le plus vite possible ! Toi et Jenna ĂŞtes en grand danger."
 - "Ouais, c'est ça ! Et dans ce cas, ou est Claire ? Je veux dire BĂ©a."
 - "Elle.. Elle s'est rĂ©fugiĂ©e chez moi ?"
 - "Tu hĂ©berges une criminelle recherchĂ©e ?"
 - "Marc, tu n'Ă©coutes pas ce que je te dis. C'est Claire qui est dans le corps de BĂ©atrice."
 - "Cette historie est invraisemblable... Je .. Je suis surtout en colère d'apprendre que t'es l'amant  de ma femme."
 - "Écoute Marc. Je .. Je suis dĂ©solĂ© que tu l'apprennes ainsi. Mais il faut que tu ailles chercher Jenna et que vous vous Ă©loignez de BĂ©a."
 - "T'es dingue ! On va en rester ! Si on continue, je n'ai qu'une envie, c'est de te casser la gueule. Alors reste en dehors de cette histoire ! Ne revois plus ma femme ! Et laisse nous en paix !"

    Marc se leva brusquement puis laissa Chris dubitatif. Chris avait Ă©chouĂ© Ă  convaincre Marc. Marc reprit le chemin de l'hĂ´tel.

 

     Claire n'Ă©tait pas surprise de trouver la maison vide. Elle avait rĂ©ussi Ă  rentrer non sans mal puisqu'elle savait qu'une clĂ© de la porte de derrière de la villa Ă©tait cachĂ© dans une fausse pierre non loin. Elle resta prudente en se dĂ©plaçant dans les couloirs. Elle retourna dans le bureau, et fouilla ses notes. Elle devait comprendre comment la machine avait pu dysfonctionner. 

 

     Chris finit son cafĂ© après avoir vu Marc partir. Il regrettait d'avoir causĂ© autant de mal puis de soucis Ă  son ami. Il n'Ă©tait guère surpris que Marc ne croyait pas Ă  son histoire. Il allait devoir trouver une autre stratĂ©gie. Mais Chris s'inquiĂ©tait pour Claire. Il lui envoya un SMS sur le tĂ©lĂ©phone portable qu'il lui avait prĂŞtait. Dans le message, il indiqua avoir Ă©chouĂ© Ă  convaincre Marc. Mais Chris avait remarquĂ© que Marc jouait avec une clĂ© d’hĂ´tel pendant leur discussion. Chris reconnut le logo de l’hĂ´tel, et en dĂ©duisit que Marc et Jenna devaient y loger. Il donna la rĂ©fĂ©rence Ă  Claire dans le message. Claire lui rĂ©pondit l'instant d'après qu'elle avait trouvĂ© l'explication de la dĂ©faillance de la machine. Ils se donnèrent rendez vous chez lui Ă  son appartement.

    Chris paya l'addition des 2 cafĂ©s. Il devait bien ça Ă  Marc, et prit le chemin de son appartement.  Il ne remarqua pas qu'il Ă©tait suivi, par une femme qui portait des lunettes noires, et avait observĂ© la scène de la dispute Ă  la terrasse. BĂ©a se doutait que Claire chercherait Ă  prendre contact avec son mari ou sa fille d'une manière indirecte. Après avoir laissĂ© Marc Ă  l’hĂ´tel, elle avait attendu dans le hall que Marc ou Jenna en sorte pour une raison ou pour une autre. Elle avait suivi Marc, qui sortit prĂ©cipitamment. 

    BĂ©a reconnut l'homme qui avait donnĂ© rendez vous Ă  Marc. C'Ă©tait un certain Chris. Il travaillait avec Claire. Vu le regard que Chris portait Ă  Claire, BĂ©a les soupçonna d'ĂŞtre amant. Et vu la colère qu'elle vit dans le comportement de Marc pendant la discussion, elle dĂ©duisit qu'elle avait vu juste. BĂ©a trouva alors que Claire avait du gout en matière d'hommes. Reste Ă  savoir ce que ce Chris aura racontĂ© Ă  Marc. BĂ©a dĂ©cida de suivre Chris. Peut-ĂŞtre la mènera t il Ă  Claire ?  

 

     Chris fit un petit jogging sur le chemin du retour, tout en pensant Ă  la situation actuelle. Sa discussion avec Marc l'avait fait rĂ©flĂ©chir. Devait il croire les paroles de cette femme ? Il avait Ă©coutĂ© son cĹ“ur, et reconnut par les mots Claire. Mais le doute persistait. Après tout, durant leurs longues sĂ©ances entre Claire et BĂ©a, Claire aurait pu laisser quelques indiscrĂ©tions, quelques informations clĂ©s sur sa vie. BĂ©atrice Zyto Ă©tait certes une psychopathe, mais avec un QI très Ă©levĂ©. 

    Dès son retour Ă  l'appartement, il envoya un SMS Ă  la prĂ©tendue Claire, indiquant qu'il Ă©tait de retour chez lui. Puis, se sentant en sueurs, dĂ©cida d'aller prendre une douche. Puis il changea de vĂŞtements. Il s’apprĂŞta Ă  tĂ©lĂ©phone Ă  Claire, quand on sonna Ă  la porte. Il ouvrit et il tomba sur Claire, ou plutĂ´t BĂ©a s'il croyait en cette histoire. 

 - "Salut Chris, je te peux rentrer ?", demande BĂ©a.
 - "Euh .. Salut. Oui, tu peux rentrer."; rĂ©pondit Chris.

 

     Chris trouva quelque chose changer chez cette "Claire". Le style vestimentaire n'Ă©tait pas le m^me que l'habitude. FocalisĂ© tellement sur son travail, et malgrĂ© que Claire restait une magnifique femme, elle n'Ă©tait pas du tout coquette, et encore moins rebelle dans son attitude ou son apparence. Chris demeura mĂ©fiant.

 - "Tu es au courant de l'Ă©vasion de BĂ©atrice Zyto ?", demanda BĂ©a.
 - "Oui, je suis au courant."
 - "Tu l'as vu ? Elle est venue chez toi ?"
 - "Pourquoi serait elle venue chez moi ? Je ne connais pas cette folle."

    BĂ©a faillit laisser apparaitre un regard de colère Ă  cette insulte, mais rĂ©ussit Ă  se contenir et Ă  continuer Ă  jouer le rĂ´le de Claire.

 - "Oui, je sais bien. Mais tu sais qu'elle fait transfert sur moi ? Dans nos dernières sĂ©ances, elle finissait par croire qu'elle Ă©tait ... moi. C'est dingue non ?"
 - "Oui, j'ai dĂ©jĂ  entendu parler de ce genre de transfert. Et tu crois qu'elle serait venue chez moi ? Comment savait elle pour ... nous deux ?"
 - "Il est possible que pour obtenir sa confiance, je me sois un peu ouvert..."
 - "Tu m'aurais mis en danger si c'Ă©tait vrai."
 - "Oh Chris... Je suis sincèrement dĂ©solĂ©."

    BĂ©a s'approcha de Chris. Il Ă©tait dĂ©contenancĂ© par la proximitĂ© de BĂ©a. Sa tenue l’excitait, et il baissa sa garde. BĂ©a approcha son visage de Chris. Chris reconnut l'odeur de Claire. BĂ©a avait la prĂ©sence d'esprit, d'incarner Claire jusqu'au bout, allant mettre le mĂŞme parfum qu'elle avait reconnu pendant leurs sĂ©ances. Chris enlaça BĂ©a.

 

    Chris ne comprit pas sur l'instant ce qui se passait. Il tenait dans ses bras BĂ©a. Il sentit soudainement de vives douleurs au ventre. Des douleurs qui se rĂ©pĂ©taient. D'abord, une, puis, deux, puis trois. Il baissa les yeux vers son ventre, et vit le sang commençait Ă  sortir par des trous de sa chemise, puis son regard se porta sur le visage de Claire. BĂ©a lui fit un immense sourire.

 - "Tu n'es qu'un menteur ! Comme tous les hommes ! Il fallut que tu brises le mĂ©nage d'un couple. Pourquoi ? ... Pour la baise ?"

     Chris fit un pas en arrière, il sentait dĂ©jĂ  partir.Il regarda BĂ©a, il comprit alors son erreur. Claire lui avait dit la vĂ©ritĂ©. Il venait de se faire assassiner par BĂ©atrice Zyto. Il s'Ă©croula en arrière sur le sol. Chris Ă©tait mort.

    BĂ©a contempla son Ĺ“uvre. Elle se mit Ă  rĂ©flĂ©chir. Elle venait de faire accuser le bon docteur Claire Lacroix du meurtre de Chris. Ces empreintes sur le scalpel, qu'elle laissa près du corps. Maintenant, Claire va dĂ©couvrir ce que c'est que d'ĂŞtre une criminelle recherchĂ©e. BĂ©atrice se disait qu'il Ă©tait temps qu'elle abandonne le corps de Claire. Une idĂ©e lui traversa l'esprit. Une idĂ©e qui la fit sourire Ă  nouveau. 

 

    Claire Ă©tait très inquiète. Chris ne rĂ©pondit plus aux SMS, ni Ă  ses appels. Elle tombait systĂ©matiquement sur la messagerie. Elle savait que la conversation entre Marc et Chris fut sans effet. Mais elle n'Ă©tait pas rassurĂ©e de ne pas savoir oĂą Ă©tait BĂ©atrice. 

     Claire retourna vers l'appartement de Chris. Sur le chemin, elle faillit ĂŞtre reconnue par un policier qui Ă©tait en train de distribuer des contraventions dans le quartier. Elle baissa la tĂŞte mais n’accĂ©lĂ©ra pas son pas de course pour ne pas Ă©veillĂ© les soupçons. Le policier resta concentrĂ© sa contredanse. 

 

     Claire atteignit l'immeuble oĂą vivait Chris. Elle se prĂ©cipita vers les escaliers. Puis elle entra dans l'appartement grâce au double des clĂ©s que lui avait donnĂ© Chris.

 - "Chris, t'es lĂ  ? Pourquoi ne rĂ©ponds tu pas Ă  mes messages ?"

    L'appartement restait silencieux. Claire eut un sentiment de malaise. Elle avança vers le sĂ©jour, et vit allongĂ© près du canapĂ© le corps de son amant. 

 - "Oh mon Dieu ! Chris .. Non..."

    Claire se mit Ă  genoux, les larmes aux yeux, et vĂ©rifia si elle pouvait sentir le pouls de Chris. Peut-ĂŞtre n'Ă©tait il pas trop tard. HĂ©las, elle se sentit ni le pouls, ni le cĹ“ur. En qualitĂ© de mĂ©decin, elle avait vite compris que la quantitĂ© de sang perdue Ă©tait trop importante. Claire Ă©tait effondrĂ©e. Alors qu'elle cherchait un ami, de l'aide, elle avait apportĂ© la mort chez Chris. Elle se sentit responsable de sa mort. 

 

     BĂ©a Ă©tait revenue Ă  l'hĂ´tel. Marc n'Ă©tait pas encore revenue. BĂ©a se disait que la situation devenait compliquĂ©e, qu'elle prenait des risques. Elle alla retrouva Jenna dans sa chambre, toujours en train de jouer avec son tĂ©lĂ©phone portable.

 - "Maman, tout va bien ?", demanda Jenna
 - "Oui, ma chĂ©rie. Tout va merveilleusement bien !"
 - "Tu as des nouvelles ? Ils ont pu attraper cette cinglĂ©e ? On va pouvoir retourner chez nous ?"
 - "Pas encore, non. BĂ©a est toujours en libertĂ©."

    BĂ©atrice s'assit sur le lit king size près de Jenna, et commença Ă  tortiller ses cheveux.

 - "La situation doit te paraitre bizarre en ce moment... Je dois te paraĂ®tre bizarre, non ?", interrogea BĂ©a
 - "Oui, c'est vrai. Tu es Ă©trange en ce moment. J'ai mis ça sur le compte de ton travail, de tes recherches."
 - "Ca te dirait que je te montre mes travaux ?"
 - "Quoi ? Ce que tu trafiques au sous sol de la villa ?"
 - "Oui, j'ai crĂ©e une machine qui pourrait t'intĂ©resser..."
 - "Non, pas envie. Et je pense que ça serait dangereux avec cette cinglĂ©e en libertĂ©."

 

     BĂ©a avait prĂ©parĂ© un petit mouchoir imbibĂ© de chloroforme, qu'elle avait cachĂ© sous un pli de sa jupe derrière elle. Tout en fixant Jenna du regard, elle lui fit un sourire qui dĂ©concerta Jenna. Son sourire semblait malĂ©fique. BĂ©a plaqua aussitĂ´t le mouchoir sous le nez de Jenna. La dose Ă©tait si forte que le produit agissa presque instantanĂ©.

 - "Dommage, il aurait Ă©tĂ© si simple, que tu m'accompagnes de ton plein grĂ© au sous sol. Je suis bon pour une bonne migraine dans les heures Ă  venir. Mais ce n'est rien pour le prix de la libertĂ©."

    Jenna tomba Ă©vanouie doucement dans les draps.

 - "Maintenant, nous allons faire un petit tour." 

 

     L'instant d'après, profitant que Jenna resta groggy, BĂ©a la prit par les hanches et la fit sortir de la chambre et prirent l’ascenseur jusqu'au parking. Par chance, elle ne croisa personne. Si cela avait Ă©tĂ© le cas, Claire Lacroix aurait eu d'autres meurtres Ă  son effectif. 

 

     Vu que Claire Lacroix serait probablement accusĂ©e très prochainement du meurtre de sang froid de Chris, il n'Ă©tait pas bon pour BĂ©a de rester dans ce corps. BĂ©a et Jenna arrivèrent Ă  la villa. BĂ©a secoua Jenna pour la rĂ©veiller un peu afin de faciliter son dĂ©placement. Ils prirent la direction du sous sol. Et BĂ©a fit assoir Jenna dans la machine. Puis BĂ©a prit quelques minutes pour se remĂ©morer la succession de touches, et d'instructions que Claire avait saisi sur l'Ă©cran tactile de contrĂ´le. La machine se mit Ă  refaire les mĂŞmes bruits que la première fois, c''Ă©tait bon signe. Jenna commença doucement Ă  immerger, BĂ©a prĂ©cipita la manĹ“uvre. Elle s'assit Ă  son tour sur le siège voisin, puis lança le processus et ferma les yeux.

    BĂ©a retrouva la sensation de flottement et d'engourdissement. Puis une sorte de nĂ©ant, l'impression d'avoir perdu tous ses sens, d'ĂŞtre dĂ©tachĂ©e. Puis, une sensation exquise, de sentir plus jeune, plus en forme.BĂ©a ouvrit les yeux et vit ses jambes nues dans dans un mini short en jean, celui de Jenna. L'opĂ©ration avait de nouveau rĂ©ussie, elle se caressa la visage, elle sentit un peu plus lisse, mois ridĂ©e. Puis elle tourna la tĂŞte et vit le corps de Claire, inconsciente. BĂ©a se leva avec un excès d'Ă©nergie qui lui convenait. BĂ©a avait gardĂ© le mouchoir de chloroforme et mit sous le nez de Jenna, dorĂ©navant dans le corps de Claire.

 - "DĂ©solĂ©, ma p'tite, tu risques d'enchainer bientĂ´t les surprises. T'as perdu quelques annĂ©es, et tu risques de passer du temps Ă  l'ombre."

 

     BĂ©a laissa Jenna inconsciente au sous-sol et remonta Ă  l'Ă©tage pour aller Ă  la salle de bains de la chambre de Jenna. Elle se prĂ©cipita devant le miroir. Elle Ă©tait heureuse d'avoir retrouvĂ©e une certaine jeunesse et de garder une certaine beautĂ©. Occupant son corps, elle trouva Jenna magnifique. Peut ĂŞtre allait elle gagner autant de succès auprès des hommes avec ce corps d'ado. BĂ©a sentit Ă©galement une Ă©trange sensation, celle de se sentir Ă©galement Ă  nouveau vierge, ce qui la fit rire un moment. Elle Ă©tait surprise qu'Ă  cet age, Jenna le soit encore. BĂ©a avait connu le sexe bien plus tĂ´t, et pas dans les bonnes circonstances. BĂ©a s'amusa ensuite Ă  retoucher son maquillage. Mais dĂ©cida de garder ses vĂŞtements. 

    BĂ©a prit la voiture et dĂ©cida de repartir Ă  l'hĂ´tel. Si elle voulait garder ce corps, elle devait se dĂ©barrasser toutes les personnes qui connaissaient son secret ou qui pourraient comprendre. Il Ă©tait temps qu'elle rejoigne son "daddy" chĂ©rie.

 

     Claire arriva dĂ©terminĂ©e Ă  la villa. Son sang bouillonnait de rage et de tristesse suite Ă  la mort de Chris. Lorsqu'elle arriva Ă  la villa, elle eut Ă  peine le temps de se sortir de la voiture, qu'elle vit une femme sortir par la porte d'entrĂ©e, l'air droguĂ©e, titubant. Jenna venait de se rĂ©veiller, elle ne comprenait pas ou elle Ă©tait, elle ne reconnut pas le sous sol, n'y ayant jamais pĂ©nĂ©trĂ©. Mais lorsqu'elle remonta les marches, elle reconnut la villa, sa demeure. Jenna se sentait fatiguĂ©e, et un peu endolorie, elle ne prĂŞta pas attention Ă  la tenue qu'elle portait, ni au corps qu'elle avait. Lorsque Jenna fut face Ă  Claire, elle crut ĂŞtre devant la cĂ©lèbre criminelle Ă©chappĂ©e, sans deviner qu'elle Ă©tait devant sa mère. Elle prit peur.

    Claire trouva Ă©trange l'attitude de cette femme qu'elle croyait ĂŞtre BĂ©a. Jenna recula, l'air totalement effrayĂ©e.

 - "Je vous en supplie de me faites pas de mal !", cria Jenna.
 - "Qu'est ce qui te prend ? Tu dĂ©bloques ? Toi avoir peur ? Ou est ta dĂ©termination ? Ta rage ? Tu as tuĂ© Chris, je te devrai te descendre tout de suite !", objecta Claire.

    Jenna retrouvant peu Ă  peu ses esprits, vit qu'elle portait une jupe en cuir et des collants, pas du tout la tenue qu'elle portait il y a peu de temps,. Elle regarda ses mains, lĂ©gèrement plus âgĂ©e, un peu plus abimĂ©e par le temps.

 - "Mais c'est quoi ce dĂ©lire ? Je me sens vieille ! ... Mais ... On dirait le corps de ma mère ??", s'affola Jenna.
 - "Qu'est ce que tu racontes ? ArrĂŞte ce petit jeu !", cria Claire.

 

    Claire fit un pas vers Jenna, la menaçant de plus en plus son arme. Jenna baissa la tĂŞte puis regarda droit dans les yeux Claire. Claire eut une curieuse impression soudainement. Ce n'Ă©tait plus le mĂŞme regard. Il lui semblait moins dur, plus doux, plus familier. 

 - "Jenna ? C'est toi Jenna ?", demanda Claire.
 - "Oui... Comment connaissez vous mon prĂ©nom ? C'est ma mère qui vous la dit ?", rĂ©pondit Jenna
 - "Oh mon Dieu ! Que t'a-t-elle fait ? ... Ne crains rien."

    A ces mots, Claire lâcha son arme et se prĂ©cipita pour Ă©treindre Jenna. Cela lui bizarre de serrer contre elle, son propre corps. Jenna faillit se dĂ©battre contre cette inconnue, mais n'eut pas le temps de rĂ©agir. Elle se trouva dans les bras d'une inconnue mais cela la rĂ©confortait bizarrement. Claire lui fit poser sa tĂŞte contre son Ă©paule 

 - "Ferme les yeux, Jenna et Ă©coute moi ... C'est moi. Je suis ta mère. Comme tu es dans mon corps, tu dois comprendre que je ne suis pas BĂ©atrice Zyto. C'est bien moi, Claire.", fit Claire.
 - "Mais... comment est ce possible ?"; s'interrogea Jenna.
 - "Je te raconterai tout, mais d'abord, Ă©tais tu seule dans la villa ?"
 - "Oui je me suis rĂ©veillĂ©e dans le sous sol... Je me souviens maintenant ... Tu... Elle..On Ă©tait Ă  l’hĂ´tel en train de discuter, quand tu... quand elle m'a mis un mouchoir sous le nez avec une forte odeur... Je me souviens d''avoir Ă©tĂ© en voiture... puis Ă  la villa... puis dans ce sous sol."
 - "Tout va aller ma chĂ©rie ! Je vais tout rĂ©parer."

    Jenna resta dans les bras de de sa mère, les yeux fermĂ©s. MalgrĂ© une voix diffĂ©rente, le ton fut familier, elle Ă©tait convaincue que c'Ă©tait sa mère. 

    Claire rĂ©flĂ©chit au lieu ou pouvait ĂŞtre BĂ©a. Si elle veut rester dans le corps de Jenna, elle pourrait s'en prendre Ă  nous. BĂ©a ne savait pas oĂą Claire se cachait. Mais Claire supposait que Jenna serait repartie Ă  l’hĂ´tel. Elle prĂ©suma qu'elle voulait Ă©galement rĂ©cupĂ©rer tous les papiers d'identitĂ© de Jenna. Son passeport pourrait lui permettre de disparaitre.

 - "Écoute, Jenna, fais moi confiance. Je dois retourner Ă  l’hĂ´tel ou vous ĂŞtes descendus."

 

     Marc restait toujours inquiet, il n'avait pas eu de nouvelles de Claire depuis un long moment. Et avec cette psychopathe en libertĂ©, il la craignait en grand danger. BĂ©a savourait le nouveau corps de Jenna. Elle s'assit Ă  cotĂ© de son "père", glissa discrètement le couteau qu'elle avait trouvĂ© dans la cuisine entre 2 coussins du canapĂ©. En regardant Marc, elle repensa aux moments torrides qu'elle avait passĂ© avec lui dans le corps de sa femme. Une idĂ©e lui traversa l'esprit : quelques sensations Ă©prouverait elle avec le corps de Jenna. Ayant Ă©tĂ© abusĂ©e sexuellement par son père pendant son enfance, BĂ©a tenta sa chance avec Marc. Alors que lui expliquait son inquiĂ©tude, BĂ©a ne l'Ă©couta pas. En tout cas, pas de façon attentive. BĂ©a commença Ă  dĂ©boutonner doucement sa chemise. Elle posa sa tĂŞte contre son Ă©paule. Marc Ă©tait prĂŞt Ă  l'Ă©treindre pour la consoler, lorsqu'il vit qu'elle avait commencĂ© Ă  le dĂ©shabiller. ChoquĂ©, il se leva d'un bon. BĂ©a se mit Ă  rire. Ce qui dĂ©stabilisa Marc. L'attitude de sa fille Ă©tait Ă©trange. 

 

     Claire Ă©tait en chemin, accompagnĂ©e de sa fille, Jenna, prisonnière dans le corps de sa mère. Pour une adolescente, elle est choquĂ©e de se retrouver dans le corps de sa mère. Jenna sentit le poids des ans. C'Ă©tait donc ça vieillir. Jenna se sentit plus forte, et encore plus fĂ©minine. Mais toutes sortes de pensĂ©es lui traversèrent l'esprit. Elle eut Ă  plusieurs reprises la nausĂ©e. Jenna toucha ses cheveux, regardait ses mains, elle se croyait en plein cauchemar.

    Claire restait concentrĂ©e sur la route. Elle savait son mari en danger, elle devait faire vite. Elle prit quelques risques en doublant plus souvent et surtout en accĂ©lĂ©rant. Mais elle devait faire attention Ă  ne pas se faire arrĂŞtĂ©e par le police. Ce n'Ă©tait pas le moment.

 

     Claire se gara dans une rue proche de l’hĂ´tel et ordonna de l'accompagner. Elles entrèrent dans l'immeuble. Claire demanda Ă  Jenna d'aller se prĂ©senter Ă  la rĂ©ception et demander la clĂ© de sa chambre. Jenna, encore dĂ©boussolĂ©, obĂ©it. La rĂ©ceptionniste ne posa aucun problème et tendit la clĂ© Ă  Jenna. Claire resta Ă  l'Ă©cart, la plus discrète possible. Puis, Claire demanda Ă  Jenna de rester dans le hall et de l'attendre.

 - "Mais maman, tu ne vas pas l'affronter seule ?", fit Jenna.
 - "Il le faut ! Je t'ai dĂ©jĂ  trop mise en danger ! Je dois l'arrĂŞter.", rĂ©pondit Claire.

    Claire prit l'ascenseur, et entra grâce Ă  la clĂ© dans la chambre. Elle fut aussitĂ´t horrifiĂ© de dĂ©couvrir Marc allongĂ©, face contre terre. Elle aperçut quelques taches de sang près de son corps. Mais pas assez, pour croire en sa mort. Peut ĂŞtre n'Ă©tait il pas trop tard. 

    BĂ©a arriva de la cuisine, toute guillerette. Elle venait de poignarder Marc, et avait pris un immense plaisir. Elle ne fut pas surprise de voir Claire dans la pièce, attristĂ©, arme au poing.

 - "Tiens, doc ! Te voila enfin ! Tu vas m'Ă©viter de te chercher !", fit BĂ©a.
 - "C'est fini, BĂ©atrice ! Tu as causĂ© suffisamment de dĂ©gâts dans ma vie !", objecta Claire.
 - "Allons, doc. Tu ne tirais pas sur ta fille ?"
 - "Non, mais juste te blesser pour t’empĂŞcher de fuir. Je sais oĂą tirer pour t'immobiliser, sans que Jenna ait Ă  en souffrir par la suite. Elle... Elle me pardonnera."

    Claire demeurait dĂ©concertait de voir sa fille, agir ainsi. Toute souriante, l'air amusĂ©e. Dans sa tĂŞte, elle devrait se rĂ©pĂ©ter que ce n'Ă©tait pas sa fille. Claire rĂ©ussit Ă  s'approcher du tĂ©lĂ©phone de la chambre et d'appeler une ambulance.

 

     Claire attendit sagement, continuant Ă  pointer son arme sur BĂ©atrice, l'ambulance. Elle entendit peu de temps après les sirènes. Quelques instants plus tard, un bruit de pas de course dans le couloir. Deux ambulanciers firent apparition dans la pièce. AussitĂ´t, Claire cria : 

 - "Je vous en supplie ! Sauvez mon mari, il est gravement blesser."
 - "Oui, oui ! Sauvez mon papa, de cette folle meurtrière, elle est recherchĂ©e par la police.", se mit Ă  dire BĂ©a.

    Claire n'avait pas d'autres choix que de menacer Ă©galement les ambulanciers pour qu'ils sauvent Marc.

 - "Il a perdu beaucoup de sang, mais je sens son pouls. Nous devons l'emmener."

    Peu après, Claire descendit avec BĂ©a et les 2 ambulanciers qui rĂ©ussirent Ă  mettre debout Marc. Il avait repris un peu connaissance.  Ils se retrouvèrent tous devant l’hĂ´tel. Les 2 ambulanciers finirent par ne plus faire attention Ă  l'arme pointĂ© sur eux pour se concentrer sur Marc. Claire fit signe Ă  BĂ©a de monter dans la voiture. 

    Jenna avait assistĂ© Ă  la scène. Elle accourut aussitĂ´t vers son père. Les ambulanciers furent surpris.

 - "Vous connaissez cet homme ?", demanda l'un des deux.
 - "Oui c'est mon papa !", rĂ©pondit Jenna.
 - "C'est votre père ?", fit l'air surpris l'ambulancier, ne trouvant qu'il y avait peu d'Ă©cart d'age entre ces 2 personnes. "Ne vous inquiĂ©tez pas ! Il va s'en tirer."

    Jenna s'Ă©loigna et vit sa mère dans le corps de BĂ©a, menaçant son propre corps. Elle fut choquĂ©e de se voir, toute souriante malgrĂ© la menace. Jenna les rejoignit.

 - "Jenna, il faut y aller. Tu vas tenir en joue cette garce, pendant que je vais conduire ! C'est elle qui a poignardĂ© ton père."
 - "Oui maman. Cette cinglĂ©e ne va pas s'en tirer."

    Jenna monta Ă  l'arrière avec BĂ©a, braquant toujours son arme sur elle et Claire prit le volant.

 

     Quelques heures plus tard, dans le sous sol de la villa, Claire put tout remettre en ordre. Elle fit le transfert inverse entre Jenna et BĂ©atrice. Jenna retrouva son corps, soulagĂ©e. TraumatisĂ©e par cette expĂ©rience, il lui faudra du temps pour oublier. Jenna aida sa mère dans la dernière phase de transfert, en continuant de menacer BĂ©a. Claire procĂ©dĂ© au dernier Ă©change entre elle et BĂ©atrice. Elle fut soulagĂ©e de retrouver son corps. Le cauchemar Ă©tait en train de prendre fin.

    Claire reprit l'arme que Jenna tenait dans ses mains et lui ordonna d'appeler la police.

 - "Mais que vas tu faire maman ?", demanda Jenna.
 - "Je vais la surveiller en attendant l'arrivĂ©e de la police. Et je vais dĂ©truire cette machine infernale."

    Jenna remonta Ă  l'Ă©tage pour aller tĂ©lĂ©phoner. Claire et BĂ©a se retrouvèrent seules.

 - "Alors, doc. Heureusement de retrouver son petit confort de bourgeoise ?"
 - "La ferme. Tu as tuĂ© Chris. Tu mĂ©riterais que je t'abatte comme un chien."
 - "Oh doc ! Ce n'est pas digne de vous ! ... Vous vouliez savoir ce que renferme l'esprit d'une criminelle. L'envie de tuer. Peut ĂŞtre ai je laisser une part de moi en vous ?"

    Claire hĂ©sita Ă  appuyer sur la gâchette. Une balle dans la tĂŞte.  Elle pourrait prĂ©tendre que BĂ©a avait tentĂ© de s'enfuir. L'idĂ©e la sĂ©duisait. Mais elle repensait Ă  la dernière remarque de BĂ©a. Avait elle gardĂ© cette pulsion de meurtre en elle.

 - "Non, BĂ©a. Je ne serais jamais comme vous. Le meurtre n'a jamais Ă©tĂ© une solution."
 - "Ok, doc. Je vous remercie de m'Ă©pargner. Mais je pense que j'aurai un traitement de faveur dorĂ©navant en prison. Et vous allez tout faire pour m'aider Ă  rĂ©duire ma peine."
 - "Et pourquoi ferai je cela après tout ce que vous nous avez fait !"
 - "Simple. Sachez une chose, doc. J'ai cachĂ© l'arme qui m'a servi Ă  tuer votre chĂ©ri, Chris. Vos empreintes sont dessus. Il me serait facile de raconter Ă  la police oĂą se trouve l'arme. Vous seriez en mauvaise posture."

    Claire fut choquĂ©e. Elle n'avait pas le choix. Claire ordonna Ă  BĂ©a de se diriger vers les escaliers pour remonter, ayant entendu la sirène de police. En parcourant la pièce, elle poussa les Ă©crans, moniteurs, ordinateurs sur le sol. Éclatant en mille morceaux, le matĂ©riel informatique est hors service. Puis Claire, puis un produit inflammable et en aspergea les 2 sièges. Elle jeta son briquet dessus.  Le feu endommagea juste assez pour rendre le matĂ©riel inutilisable. ça en Ă©tait finit de la machine.

 

     Deux policières entrèrent dans la maison. Jenna les avait accueillit et leur avait fait un bref rĂ©sumĂ© de la situation : BĂ©atrice Zyto avait rĂ©ussi Ă  s'introduire dans leur villa, et avait menacĂ© de les tuer elle et sa mère. Claire et BĂ©a arrivèrent dans le pièce, et les 2 policiers la saisirent aussitĂ´t. 

    BĂ©a commença Ă  s’Ă©nerver de voir Claire paraissant satisfaite.

 - "On se reverra bientĂ´t, doc.Si tu ne veux pas que je rĂ©vèle notre petit secret !"

    Les 2 policiers l'empoignèrent et l'embarquèrent dans leur voiture. Claire rejoignit ensuite sa fille.Elle l'Ă©treignit, et se mirent toutes les deux Ă  pleurer. 

 

     Un mois s'Ă©tait Ă©coulĂ©, depuis ces Ă©vĂ©nements. BĂ©atrice Ă©tait bien prison, mais dans une cellule plus "confortable". Claire avait rĂ©duit les sĂ©ances d'entretien avec elle, mais elle donna des instructions pour un traitement plus fort. BĂ©atrice Ă©tait presque devenue un zombi dans l'Ă©tablissement. 

    Jenna semblait avoir retrouvĂ© une certaine joie de vivre. Elle n'Ă©voqua plus jamais cette histoire. Elle s'Ă©tait d'avantage rapprocher de sa mère. Elles Ă©taient devenues plus complices.

    Marc sortit rapidement de l’hĂ´pital. Claire lui raconta toute la vĂ©ritĂ©, mais son aventure avec Chris. Marc lui pardonna tout, estimant que cette expĂ©rience les avait tous marquĂ© et faire Ă©normĂ©ment souffrir. Claire et Marc retrouvèrent Ă©galement une complicitĂ© perdue. Ils demeuraient toujours sincèrement amoureux l'un de l'autre. Claire se concentra sur son travail de chirurgienne. Elle voulait surtout sauver des vies. Elle avait pris encore plus conscience de la fragilitĂ© et la valeur d'une vie.


FIN


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