Basé sur le film La machine (1994) de François Dupeyron
Une idée originale de jmurdoch
Texte: jmurdoch
Images: Chat GPT Sora
Videos : KlingAI
Marc en avait assez de faire les 100 pas dans sa chambre d’hĂ´tel. Il continuait de s'interroger sur les raisons qui avaient poussĂ©es sa femme Ă les installer, lui, et sa fille Jenna dans cette chambre. Il savait que son travail l'avait amenĂ© rĂ©cemment Ă Ă©tudier le comportement d'une femme serial killeuse. A ce qu'il avait compris, cette meurtrière s'Ă©tait rĂ©cemment Ă©chappĂ© de l'institut ou sa femme Claire travaillait. Marc trouvait que Claire avait un comportement assez bizarre ses derniers jours, il pensa que c'Ă©tait liĂ© Ă l'importance de son travail. Le cas qu'elle Ă©tait en train de suivre Ă©tait peut ĂŞtre fascinant, mais il trouvait ça toujours dangereux.
Marc observa sa fille, Jenna. C'était une ado de 17 ans qui ne semblait pas du tout contrarié par les circonstances. En fait, elle ne semblait pas du tout inquiète pour sa mère. Il trouva cependant curieux que depuis leur arrivée à leur hôtel, que Jenna n'était pas beaucoup sur son téléphone portable. Habituellement, Jenna passe sa vie sur son smartphone.
Marc s'assit sur le fauteuil de la salle de séjour de leur chambre. Jenna le rejoignit et s'assit tut près de lui.
- "Tu ne sembles pas du tout inquiète pour ta mère !", remarqua Marc.
- "Mais, si, mais si. Marc... Je veux dire papa", répondit Jenna.
Le mot papa sembla amuser sur le coup Jenna. Marc se servit une tasse de café, et proposa une également à sa fille. Finalement, l'envie de boire du café passa. Il se trouvait déjà suffisamment énervé. Sa fille continua à le dévisager du regard. Cela le troubla un peu. Son regard paraissait différent de l'habitude, plus dense. Jenna jouait avec un mèche de ses cheveux, et s'approcha de Marc.
- "Tu es vraiment inquiet pour ... maman ?"
- "Oui, elle est parti durant des heures, et je n'arrive pas Ă la joindre."
Jenna regarda la tasse de café posé sur la table, et remarqua :
- "Il a l'air drôlement noir ton café ! Je vais en refaire un peu moins fort."
Jenna se leva et se dirigea vers la petite cuisine de la chambre.
Jenna parcourut la petite cuisine. Elle semblait bien équipée: un frigo, des plaques chauffantes à induction, un four, un four à micro onde,... et une cafetière électrique. Elle positionna sa tasse sur la machine, et lança le programme pour un café long. Pendant que l'appareil faisait son travail, elle fouilla machinalement les tiroirs. Elle tomba sur un tiroir contenant des couverts de différentes tailles. Elle fut soudainement intéressée par ce beau long couteau, qu'elle saisit aussitôt.
- "Tu sors avec le café ? Besoin d'un coup de main ?", demanda son père.
- "Non. Non, tout va bien, j'ai trouvé ce qu'il me faut !", répondit Jenna.
Jenna rejoignit son père dans le séjour, elle avait gardé le couteau avec elle. Elle le cacha derrière son dos. Son père n'y prêta pas attention. Marc avait décidé de retenter sa chance à appeler son épouse Claire. Jenna s'approcha de lui doucement pendant qu'il était au téléphone sans lui montrer l'arme.
Huit mois plus tôt, nous sommes chez la famille Lacroix. C'est l'heure du petit déjeuner. Il y a longtemps que ce n'était plus un vrai moment de partage familiale. La journée avait à peine commencer que chacun vaquait à ses propres occupations.
Marc Lacroix était comptable dans une société de télécoms. Il avait des horaires réguliers de bureau. Pour lui, l'heure du petit déjeuner était sacré, il aurait avoir de belles et longues conversations avec sa femme Claire ou sa fille Jenna.
Mais Jenna, du matin au soir, était connectée sur son fichu téléphone portable. Qu'est ce qui pouvait être important à autant communiquer à cette heure. Marc comprit par le léger que faisait le portable de Jenna, qu'elle était en train de jouer. Ce qui l'attristait un peu de se dire que ce jeu avait gagner plus d'importance que ce moment en famille. Mais ça le rassurait qu'à cette heure, elle ne soit pas déjà en train de discuter avec un garçon. Jenna était une belle et jolie jeune fille de 17 ans. Il avait déjà remarqué que le regard des garçons de son entourage avait évolué mais pas en bien. Il devait donc la surveiller.
Marc Ă©tait fière d’ĂŞtre l'Ă©poux de Claire. Claire Ă©tait une femme belle de 45 ans, intelligente, drĂ´le, cultivĂ©e. Mais depuis un moment, elle Ă©tait obnubilĂ©e par son travail. De base, Claire Ă©tait une chirurgienne, et avec le temps, une spĂ©cialiste rĂ©putĂ©e du cerveau. Elle Ă©tait fascinĂ© par le cerveau, son fonctionnement. Elle avait passĂ© sa vie Ă courir après ce rĂŞve. Elle devait comprendre comment l'esprit prenait forme dans le cerveau. comment il devient matière. Comment l'esprit se forme, comment s'organisent les pensĂ©es, la mĂ©moire, les souvenirs. Claire jouait Ă©galement un rĂ´le de psychiatre auprès des assassins, des monstres .Elle avait besoin de contact avec cette monstruositĂ©. Elle voulait comprendre comment le cerveau donnait la perception du bien et du mal. Elle Ă©tudiait des criminelles, les interrogeait, leur faisait passer toutes sortes d'examens, des scanners. Son hypothèse Ă©tait que si elle Ă©tait capable d'identifier, voir isoler le mai, elle pourrait peut ĂŞtre le rĂ©duire, voir le dĂ©truire.
Claire avait isolé tout le sous sol de leur immense villa pour en faire un bureau, ou plutôt un atelier de recherche. Marc n'avait absolument pas le droit d'y entrer. Il imagina cette pièce presque comme un laboratoire car Claire avait venir installé, amené beaucoup de matériel électroniques, des sièges, des éléments d'un important ordinateurs, des sortes de scanners. Que pouvait elle bien y faire ? Elle y passait des heures. Après ses heures en salle d'opération, elle enchainait les visites à la prison, puis à son retour, passer des longues heures au sous sol. C'était simple, Marc ne la croisait que pendant la courte pause du petit déjeuner, et lorsqu'ils partaient se coucher. Ils n'avaient pas fait l'amour depuis des lustres.
Marc demeurait toujours très amoureux de sa femme. Mais il se demandait si parfois, elle n'aimait pas plus son travail que sa famille. Cela ne sembla déranger Jenna, vu qu'elle était dans sa phase ado. Marc se demanda parfois si Claire ne la trompait pas. Au début de leur histoire, jusqu'à la naissance de Jenna, et que son travail n'envahisse son quotidien, Marc et Claire faisaient souvent l'amour. Cela lui manquait beaucoup. Malgré la présence de collègues charmantes à son travail, et même en se sachant attirant, Marc ne céda jamais à la tentation. Il demeurait toujours éperdument amoureux de Claire.
Alors que le petit déjeuner était sur le point de s'achever, et afin de gagner du temps, Claire demanda à sa fille Jenna de lui donner un coup de main pour débarrasser la table. Jenna ne prêta pas attention à la demande de sa mère, qui dut se répéter.
- "Peux tu lâcher ce téléphone, s'il te plait, 30 secondes, et m'aider à débarrasser ?", insista sa mère.
- "Ouais, attends ...", répliqua Jenna.
- "Il n'y pas de attends, Jenna. Je vais être en retard au boulot. Et toi, au lycée !"
- "Ouais, ouais..."
Claire arracha brutalement le téléphone des mains de Jenna.
- "Mais t'es dingue, j'étais en train d'envoyer un texto à Alex..."
- "Ne me parles pas sur ce ton. Tu auras tout le temps sur le trajet du lycée de jouer avec ton téléphone. Et ça te fera du mal d'ajouter maman à tes phrases ?"
- "Ouais, tu sais comment tu t'appelles non ?"
- "Ne sois pas insolente..."
Claire fixa la pendule de la cuisine. Marc était déjà partie, et elle n'avait pas le temps de continuer cette discussion avec sa fille.
- "Nous en reparlerons ce soir..."
- "Si tu daignes nous accorder un peu de ton temps dans ton précieux emploi du temps. Tu finis par passer plus de temps avec ces psychopathes et ces cinglés qu'avec ta propre famille !"
A ces mots, Jenna quitta la cuisine, et se dirigea dans sa chambre pour aller chercher ses affaires pour les cours de la journée. Claire resta un instant sans voix, suite de la dernière réplique de sa fille.
Claire partageait sa vie professionnelle entre ses 2 activités. Elle continuait à faire des opérations assez lourdes autour du cerveau, dont elle était une spécialiste renommée.
Claire avait pour assistant, un jeune médecin, nommé Chris. Vu le temps qu'elle passait au bloc avec lui, Claire et Chris s'étaient très rapprochés. D'abord d'un point de vue strictement professionnel, puis avec le temps, plus personnellement. Chris était célibataire, paradoxalement très timide envers les femmes, malgré son physique très attrayant. Claire le trouvait très doué comme assistant. Ils apprirent très vite à se connaitre, à anticiper les réactions de l'un ou l'autre, devenant très efficace en salle d'op.
Un jour, Claire, suite Ă une intervention très extĂ©nuante, proposa Ă Chris d'aller boire un verre pour dĂ©compresser. De fil en aiguille, ils sentirent une tension sexuelle monter entre eux. Et arrivera, ce qui arrivera, ils se retrouvèrent peu de temps après Ă l’hĂ´tel. Ils devinrent amants. Claire Ă©prouva très vite une gĂŞne, une honte. Elle aimait toujours son mari. Mais elle se rendait compte qu'elle passait plus de temps avec Chris, qu'avec Marc et sa fille Jenna.
Avec le temps, Claire se rendit compte qu'elle devenait obsĂ©dĂ©e par son travail. Sa vie amoureuse satisfaite avec Chris, elle faisait moins l'amour avec son mari. Le soir, elle continuait Ă travailler au lit sur son pc, sur ses notes de travail. Ce qui provoquait rĂ©gulièrement la colère de son mari. Elle n'avait plus envie de faire l'amour car Chris et elle avaient pris une habitude de se voir intimement Ă l’hĂ´tel après le boulot. Elle craignait que Marc aient des soupçons de son infidĂ©litĂ© très vite. Le travail Ă©tait un excellent et efficace prĂ©texte.
La tension avait monté d'un cran à l'entrée de la prison. On allait accueillir une criminelle, récemment arrêtée. Après des années de recherche, la police avait enfin réussi à appréhender la meurtrière, tueuse en série, récidiviste, Béatrice Zyto. Plus connue dans la presse comme "Béa", elle avait défrayé les chroniques. Coupable de 6 meurtres d'hommes de 40 ans à 50 ans, personne n'arrivait à comprendre les raisons de ses gestes. Son enfance fut malheureuse, elle a été abusée par son père. Après avoir tué son premier petit ami, elle prenait l'habitude de séduire les hommes puis avoir couché avec eux, les assassinait. La presse prétendait qu'elle tuait en fonction de la satisfaction qu'elle obtenait d'eux au lit.
Béa était une très belle femme brune de 40 ans. Elle n'avait aucun mal à séduire les hommes. Les meurtres étaient très violents. Elle utilisait des armes blanches, souvent de longs couteaux de cuisine. Béa était de nature très violente. Elle pouvait facilement passé d'un état à l'autre : Être un ange, calme, paisible puis basculer à une furie, déchainée, pleine de colère. Elle s'était sauvagement défendue pendant son arrestation. Les policiers en gardaient encore de nombreux stigmates. Elle même arriva avec bleus et contusions en prison. Le personnel resta silencieux à son passage, admirant sa beauté, mais déconcerté par ces traces de violence. On la mena de force dans sa cellule, en attendant son condamnation. Nulle doute qu'elle encourait la perpétuité.
Claire suivait de près le cas de Béatrice Zyto qu'elle trouvait fascinante. Elle avait étudié son passé, et cherchait tous les indices qui montrait que Béa était destinée à devenir une criminelle. L'annonce de son arrestation fut une bonne nouvelle, non pas pour avoir empêché cette tueuse de continuer à sévir, mais surtout car elle avait une magnifique opportunité de la rencontrer, de la côtoyer. Claire savait que Béa finir par arriver dans la prison où Claire étudier ses patients pour son grand projet.
Claire attendait le bon candidat, la bonne patiente. BĂ©a semblait ĂŞtre la candidate idĂ©ale. Si Claire arrivait Ă comprendre le fond de l’âme de BĂ©a, elle allait rĂ©volutionner l 'approche psychologique des tueuses en sĂ©rie.
Claire n'eut aucun mal à obtenir un premier rendez vous avec Béa. Il ne s'était écoulé que quelques jours depuis son arrestation. Béa s'était entre temps calmé, devenait une détenue modèle, loin de l'image d'une femme violente qu'elle véhiculait depuis toujours. Les premiers résultats de ses collègues amenaient à penser qu'elle allait évoquer des folies passagères. Ce qu'il la ferait basculer de la case prison à la case institut psychiatrique pour suivi. Claire pensait aussitôt qu'elle simulait. Claire était sure que Béa était très intelligente, calculatrice.
Le premier entretien se déroulait dans le parloir de la prison. Claire restait un peu excitée à la rencontrer, elle avait un tas de questions à lui poser. Claire trouva Béa très belle. Pas étonnant que les hommes se faisaient vite séduire. Béa avait cependant un regard un peu triste.
- "Bonjour Madame Zyto, je suis le docteur Claire Lacroix."
- "Enchantée, docteur. Vous pouvez m'appeler Béa."
- "Dans ce cas, appelez moi Claire. Comment allez vous ?"
- "Ma foi, bien. C'est un putain de bon hôtel ici. La bouffe n'est pas si dégueu. Et le lit est plus confortable que dans mon dernier logement."
Claire fut un peu choqué pour cette légère vulgarité. Mais elle se demandait si elle ne le faisait pas exprès. Comme si elle jouait un rôle.
- "Heureuse de l'entendre. Je m’intĂ©resse beaucoup Ă votre cas depuis un long moment."
- "Ouais comme la plupart des psy et et docs que j'ai croisé. Ils ont toujours cette manie de coller des étiquettes à des cas comme moi. Ils prétendent tous pouvoir, me guérir, me soigner à coup d'analyser ou de cachetons..."
- "Je ne suis pas comme ces autres docteurs. A la base je suis chirurgienne, devenu spécialiste du cerveau."
- "Woua. Vous devez être pété de thunes. Je présume que vous êtes la petite bourgeoise bien rangée, mariée avec 1 gosse ou 2..., voir même un amant ..."
Cette dernière phrase fit rougir un peu Claire, voir la déstabilisa. Il ne fallait pas inverser les rôles. Mais Béa était tombée presque juste.
- "Oui, je suis marié à un homme charmant, et j'ai une fille ado. Mais revenons plutôt à vous."
- "Vous n'avez pas réagir sur l'amant.", fit Béa en souriant.
Claire ne répondit pas, et se baissa pour prendre un dossier dans sa sacoche posée sur le sol. Béa fixa Claire avec un petit sourire en coin. Béa avait cette petite manie, peut être un TOC de jouer avec ses cheveux.
Quelques jours plus tard, Claire avait déjà rencontré Béa plusieurs fois. Elle continuait à être fasciné par Béa. Claire demanda à rencontrer le directeur de la prison.
- "Bonjour Claire, comment allez vous ?", demanda Georges.
- "Bonjour Georges, très bien et vous ?", répondit Claire
- "Très bien, merci. J'ai appris que vous passez énormément de temps avec Béatrice Zyto. Elle semble énormément vous intéresser. D'ailleurs, je suis toujours aussi surpris, qu'elle ne nous pose aucun problème pour le moment. C'est pour l'heure une détenue modèle. Mais les faits sont là , elle est bien coupable de très nombreux meurtres, extrêmement violents. De ma carrière, je n'ai jamais vu autant de haine et de violence dans ces meurtres. Pourtant quand on la voit..."
- "Oui, Georges, elle est fascinante. C'est un sujet idéal pour mon projet."
- "En quoi cela consiste-t-il ?"
- "Et bien je pense que je peux opérer un changement sur elle. Je voudrais l'analyser et comprendre le mal qui l'habite. J'aimerai que vous m'autorisiez à pratiquer une petite expérience à mon domicile. Sous haute surveillance bien entendue..."
- "Je ne sais pas ... Je suis sceptique. Vous savez je la soupçonne de faire semblant. Son entourage la décrit comme une personne violente. Je pense qu'elle contrôle parfaitement ses pulsions. Ce qui la rend toujours très dangereuse. Quelle est cette opération ?"
- "C'est juste une sorte de scanner. Un scanner approfondi d'un nouveau genre de son cerveau. Le scanner va analyser plusieurs du cerveau entre 2 personnes. Je serai une référence."
- "On dirait que vous cherchez Ă trouver la zone du cerveau oĂą loge le mal ?"
- "Oui, tout à fait. Plus les sujets sont opposés, plus l'analyse sera révélatrice. Je ne pourrais pas trouver plus extrême que Béatrice Zyto."
- "Laissez moi quelques jours, pour réfléchir à votre demande."
- "Merci Georges, d'avoir pris le temps de m'écouter."
Le surlendemain de l'entretien avec le directeur, Georges avait fait savoir qu'il acceptait la requête de Claire. Claire était aux anges, mais maintenant il fallait expliquer et convaincre Béatrice de faire cette expérience.
Claire retrouva BĂ©a dans la cour de la prison. Claire souhaitait que l’entretien soit plus libre, moins surveillĂ©. Le projet demeurait encore un peu secret. Afin d'entrainer un climat de confiance, Claire se montrait ouverte Ă chaque question que BĂ©a posait sur sa vie privĂ©e. La relation que Claire entretenait avec son mari Marc, ou sa fille Claire. Sans s'en rendre compte, Claire se dĂ©voilait peu Ă peu. C'Ă©tait limite que BĂ©a savait plus de choses sur Claire, que Claire sur BĂ©a.
- "Ainsi, vous pensez m'aider ? ... avec cette machine ?", demanda Béa, tout en jouant avec une mèche de ses cheveux.
- "Oui. Vous pourriez révolutionner l'étude du cerveau. Nous pourrions anticiper le comportement par des analyses poussées, empêcher des femmes, ... comme vous... à passer à l'acte."
- "Ça se passerait chez vous ?"
- "Oui, mais ne vous faites pas d'illusions. Vous serez sur haute surveillance !"
- "Je m'en doute bien. Mais votre machine ne va pas abimer ma cervelle ? C'est que je tiens Ă mes neurones."
- "Il n'y a aucun risque. Je serais aussi liée à cette machine, comme je vous l'ai dit. Elle nécessite 2 sujets, 1 sujet sain et un sujet ..."
Claire n'arrivait pas à trouver le bon terme sans vexer, ou blesser Béa.
- "Malade ? Dérangée ? Cinglée ? C'est ce que vous alliez dire ?", répondit Béa sèchement.
- "Je suis là pour vous aider, Béa. Je pense que tu peux me tutoyer dès à présent."
- "Ouais, je te fais confiance, doc."
- "Bonjour Béa, comment vas tu ?"
- "Ça roule, doc. Ça m'a fait du bien cette petite balade. C'est coquet chez toi. J'ai toujours rêvé d'avoir une baraque comme la tienne."
- "Oui, c'est une villa que mon mari a hérité. Elle nous convient parfaitement. La suite va se passer au sous sol."
Béa semblait analyser le comportement de Claire, et elle continua a scruter les moindres recoins de la villa. Claire s'approcha des 2 policiers.
- "Messieurs, je vais vous demander de rester ici, le temps que j'analyse le sujet au sous sol."
- "Madame, nous avons ordre de ne pas la quitter de vue."
- "Je vous rassure, il n'y a aucune arme, ici, aucun instrument dangereux. Je vous laisse inspecter le sous sol, mais je vous demanderai ensuite de quitter ce laboratoire. Vous verrez qu'il n'y aucune autre sortie que cette porte qui mène au sous sol. Aucune autre porte ou fenêtre, menant à l'extérieur."
- "Vous allez rester seule avec elle ?"
Claire se retourna vers Béa.
- "J'ai confiance en elle. Tout se passera bien. N'est ce pas, Béa ?"
- "Bien sur, doc. Je saurai me tenir Ă carreaux."
Béa suivit Claire dans un couloir, qui se terminait par une porte assez sombre. La porte s'ouvrait sur un escalier qui menait au sous-sol. Une autre porte se présenta à eux. Béa réussit à voir le code d'ouverture de la porte lorsque Claire se mit à le saisir. Béa garda l'information en mémoire, se disant que cela pourrait lui être utile peut être à un moment.
Claire et Béa entrèrent dans une immense pièce, assez sombre dans l'ensemble. La pièce semblait être un mixte de plusieurs pièces. D'un coté, on pouvait voir comme une salle d'opération à gauche. Et à droite, sur la partie la plus dominante, il y avait une impressionnante machine composée de plusieurs écrans, et deux sièges. Au dessus des sièges, se dressaient comme des sortes de scanners ronds. Les sièges avaient un faux semblant de chaises électriques bleutées qui dérangèrent Béatrice sur le coup.
Claire fit signe à Béa de prendre place sur le siège de droite. Elle vit que Béatrice ne semblait pas à son aise.
- "Ne t’inquiètes pas. Il ne t'arrivera rien.", fit Claire.
- "Que va t il se passer exactement ?", demanda Béa.
- "Et bien, je vois pouvoir cartographier ton cerveau. Les scanners de ces 2 sièges vont se synchroniser et comparer chaque parcelle de nos cerveaux. Je vais servir de référence. Un petit bout de moi t'aidera à mieux dissocier le bien du mal."
- "J'espère que tu ne mettras pas plus de bordel dans mon cerveau, que ça ne l'est déjà !"
Claire prit à son tour sa place sur l'autre siège. Un écran tactile était présent à coté du siège de Claire. Elle commença à pianoter sur l'écran différentes instructions. La machine émit une sorte de vrombissements. Plus Claire taper sur l'écran, plus la machine faisait un bruit plus fort. Béatrice observait chaque geste de Claire. Elle ne comprenait absolument pas ce que Claire faisait, mais Béatrice profita de son excellente mémoire pour se souvenir du procédé.
Claire semblait avoir fini le paramétrage. Elle se cala ensuite plus confortablement dans son fauteuil, puis dit :
- "Vous devriez fermer les yeux. Vous allez ressentir comme une légère décharge au niveau de la tête. C'est tout à fait normal et sans douleur. Laissez vous aller. Relaxez vous, je vous dirais quand ça sera fini."
Béatrice obéit et ferma les yeux. Claire fit de même ensuite. Toutes les deux eurent ensuite comme de légers sursauts, des petits spasmes. Béatrice et Claire eurent la sensation comme de flotter, d'être engourdies. Puis, soudainement, la machine émit plusieurs bips, mais Claire et Béa n'y prêtèrent aucune attention. L'écran afficha plusieurs messages en rouge. Il y eut ensuite un petit éclair, puis Claire et Béa ressentirent une secousse électrique, puis s'évanouirent.
Béa et Claire ouvrirent les yeux en même temps. Elle se fixèrent quelques secondes. Claire semblait comme étonnée, surprise, tandis que Béatrice, semblait, quant à elle, comme choquée. Aussitôt Béa regarda l'écran et ordonna :
- "Appuyez sur le gros icône sur l'écran."
- "Mais que s'est il passé ?"
- "Tout va bien, c'est une anomalie, appuyez sur cette icĂ´ne, bon sang !"
- "Mais, on dirait que ..."
- "Restez assise, et appuyez sur cette foutue icĂ´ne !"
Claire se mit à sourire et se leva, elle s'approcha de Béatrice qui restait effrayée et en colère.
- "Mais que faites vous ?", dit Béatrice.
- "L'opération est finie, doc. Il est temps d'y aller !"
- "Qu'est ce qui vous prend ?"
- "Allons, Béatrice. Laissez vous reconduire gentiment en prison !"
- "Mais vous ĂŞtes folle ! Personne ne croira que vous ĂŞtes Claire Lacroix !"
Claire et Béatrice avaient donc changé de corps. La machine pour une raison obscure, avait inversé les esprits des corps de Claire Lacroix et Béatrice Zyto. Béa dans le corps de Claire réajusta un peu son tailleur, s'étant mal assise sur le siège. Claire dans le corps de Béatrice semblait déboussolée. Béa commença alors à jouer avec une mèche des cheveux de Claire.
- "Qui croira cette histoire de dingues !"
A ces mots, BĂ©a appela les 2 policiers qui Ă©taient restĂ© Ă l'Ă©tage. Reconnaissant la voix du docteur, ils descendirent aussi vite que possible. Ne cherchant pas Ă comprendre ou ils Ă©taient, ils dirigèrent aussitĂ´t vers Claire dans le corps de BĂ©atrice. Claire s’apprĂŞtait Ă se jeter sur BĂ©atrice, pour la contraindre Ă se rĂ© assoir, et Ă relancer la machine. BĂ©atrice prit une voix apeurĂ©e devant les policiers en disant :
- "Je ne sais pas ce qui lui prend. Elle dit qu'elle est moi, qu'elle est le docteur Claire Lacroix. Je crois hélas qu'elle a perdu la raison... Arrêtez là vite !!"
Claire se rendit compte, qu'elle se retrouvait piĂ©gĂ©e dans le corps de BĂ©atrice. Elle n'eut pas le temps de prononcer un mot, que les 2 policiers l’agrippèrent.
- "Mais c'est moi ! Je suis Claire Lacroix ! Elle a volé mon corps. Ma machine n'a pas fonctionner correctement."
Les 2 policiers la firent remonter de force à l'étage. Claire était hors d'elle, elle ressentait même une force différente, une violence qu'elle n'avait jamais ressenti. Voyant qu'elle se débattait de plus en plus fortement, l'un des policiers lui donna un coup violant au ventre, lui coupant brutalement le souffle. Claire eut mal et s'agenouilla. L'autre policier lui mit les mains derrière le dos, et la re menotta. Le premier policier donna un coup à la tête avec une sorte de petite matraque. Cela sonna complétement Claire. Béatrice assista à la scène de façon amusée. Les 2 policiers ne remarquèrent pas le regard légèrement sadique de Béatrice qui prenait un immense plaisir à ce spectacle. Elle faillait leur demander d'être moins violent. Il s'agissait de son corps tout de même.
Les 2 policiers sortirent de la villa en trainant Claire, presque inconsciente dans le corps de Béa. Béatrice s'excusa auprès des policiers pour cet incident. Elle leur firent un immense sourire complice.
- "On va la ramener en cellule..", fit l'un des policiers.
- "Mais... c'est moi.. Je suis Claire La...", dit un dernier effort Claire, avant de s'évanouir complétement.
Béatrice fit un signe au revoir à la voiture de police, qui s'éloignait de la villa. Libre, elle était libre. Débarrassée de ces poulets, elle dit qu'il était temps de faire le point sur la situation. Quels seraient les perspectives de ce nouveau corps, de cette nouvelle identité ?
Béa se sentait différente, elle se disait avoir de la chance que cette docteur avait sensiblement le même âge qu'elle. Elle prit le temps de parcourir les différentes pièces de la villa. Elle se mit à mémoriser la plupart des photos, cadres qui décoraient la demeure. Elle finit par trouver le bureau de Claire. Elle fouilla aussitôt dans tous les papiers. Claire avait pris de nombreuses notes sur ses entretiens avec les différents patients, elle trouva même un compte rendu complet sur ses séances. Béa était amusée à lire ses conclusions qu'elle trouva parfois juste. Mais elle était ravie de découvrir que Claire était tombée dans le panneau à plusieurs reprises, que ses mensonges avaient été pris pour argent comptant. Béa s'était joué de Claire et de tout le personnel de la prison finalement. Elle avait eu raison, de faire la détenue calme et tranquille, alors qu'elle bouillonnait. Cette patience avait fini par payer. Le hasard a fait qu'elle était devenue Claire Lacroix, une évasion originale, et le point de départ d'une nouvelle vie.
Béa se dit qu'il était temps de découvrir son nouveau visage. Après avoir fini de fouiller son bureau et après avoir mémorisé les notes qui concernait la machine, Béa trouva une première salle de bains. Elle s'approcha doucement du miroir, se pencha pour admirer son visage de plus près. Elle trouva quelques minuscules rides apparentes. Mais c'est un petit prix à payer pour retrouver sa liberté. Béa se trouvait jolie dans le corps du docteur Lacroix. Elle s'imagina poursuivre ses "œuvres" grâce à cette nouvelle identité. Son ancien corps semblait beaucoup plaisir à la gente masculine, voir même féminine. Béa prévoya de faire quelques petites retouches avant de quitter la ville, mais elle décida par s'amuser un peu.
Après la salle de bains, direction la penderie. Béatrice n'avait jamais eu jamais de penderie car elle ne restait jamais longtemps au même endroit. Disposant de peu de moyens, c'était souvent les hommes qui lui offraient des vêtements, mais elle ne les gardait jamais longtemps, autant les vêtements que les hommes d'ailleurs. Elle trouva des tenues plutôt strictes, aucune tenue réellement glamour à part une robe de soirée qui semblait ne pas avoir été porté depuis des années. Aucune fantaisie dans les tenues. Mais finalement, elle se trouva enfin une jupe en cuir noir qui lui plut aussitôt, accompagné par la douceur d'une chemise en satin blanc. Béa n'avait jamais porté de satin, elle apprécia le contact de ce tissu sur sa nouvelle peau.
Béa trouva un paquet de bijoux. Son premier réflexe fut de tout emballer dans un sac et s'enfuir. Mais c'était stupide. Ces bijoux appartenait au corps qu'elle occupait. Elle en essaya plusieurs. Certains devaient valoir une fortune. Plus Béa passait du temps dans le corps de Claire, plus elle en comprenait les bénéfices. Rester à savoir, s'il sera facile de se faire passer pour elle, au moins pendant un temps...
Une heure plus tard, Claire arrivait en prison dans le corps de Béa. Durant tout le trajet, elle était restée quasiment inconsciente la plupart du temps. Les coups reçus par les policiers l'avaient complétement sonné. Elle se souvint d'avoir répété d'une voix très bonne qu'elle n'était pas Béa et que les policiers qui l'escortait n'y prêtaient aucune attention.
On la mena dans une cellule, puis elle se retrouva très rapidement seule. Béa, étant une criminelle strictement renommé, était isolé dans un quartier de haute sécurité. Sa cellule n'offrait pas le luxe de pouvoir discuter avec d'autres quo-détenues. Même si Claire pensait retrouver ses esprits, elle se sentait comme dans un cauchemar. Elle eut un haut le cœur, puis regarda ses mains, et s'entendit crier à nouveau qu'elle n'était pas Béa. Ce n'était pas sa voix non plus. Elle s'allongea dans le lit dans sa cellule et finit par s'endormir, elle espéra de se réveiller de ce cauchemar...
Quelques heures plus tard, Béa sortit de la penderie après avoir validé sa nouvelle apparence. Elle entendit du bruit dans la cuisine et décida de s'y rendre. Il était temps de commencer à jouer la comédie. Elle trouva une jeune fille brune ravissante, et la reconnut très vite. Elle était sur le portrait de famille situé dans le bureau de Claire. Elle se souvint aussitôt de son prénom : Jenna.
- "Salut, Jenna, comment ça va ?", demanda Béa sur ton ton strict.
- "Euh, bien... Tu sais qu'on s'est déjà vu ce matin.", répondit Jenna d'un air un peu surpris.
- "Je sais. Rien ne me m’empĂŞche de m'inquiĂ©ter pour ma p'tite ado chĂ©rie.", dit d'un ton amusĂ© BĂ©a.
- "Tu veux reprendre notre discussion de la dernière fois ?"
Béa sentit une petite montée de tension. De quel sujet s'agissait il ? De quoi Claire et Jenna avaient elle discuté qui méritait une suite.Béa choisit une réponse basique :
- "Non, pas besoin. J'avais tort. Après tout, fais ce qu'il te plait, je m'en fiche."
Béa tourna le dos à sa Jenna, et prit un petit miroir de poche et se contempla à nouveau. Jenna demeura surprise par l'attitude de sa mère.
- "T'es sure ? T'es bizarre, je trouve !"
- "Ouais, tu as devant toi la nouvelle Claire. Et puis ça te plait, va te faire voir !"
Jenna sembla ensuite parler dans le vide, Béa ne lui prêta plus attention. Jenna resta surprise à voir sa mère passer autant de temps devant son miroir. Elle n'était pas aussi narcissique, ni aussi aussi coquette. Jenna n'avait jamais vu sa mère dans une tenue si ... sexy. Cela ne lui ressemblait, elle mit ça sur le dos de la crise de la quarantaine.
L'étape suivante était de convaincre Marc, le mari de Claire. Béa avait reçu un message de Marc l'invitant à le rejoindre dans une rue pas très loin pour aller déjeuner. Heureusement que le téléphone portable de Claire pouvait se déverrouiller pas reconnaissance faciale. Béa avait ainsi pu obtenir encore un maximum d'informations sur Claire. Béa prit la veste accrochée au porte manteau de l'entrée, puis son sac à main. Béa s'amusa à fouiller innocemment le contenu du sac. Le porte monnaie était bien garnie en argent liquide. Les différentes CB pourraient être utiles avec le sans contact.
Béa connaissait bien le quartier. Elle n'eut aucun mal à trouver le lieu de rendez-vous. Tout comme pour Jenna, elle reconnut par Marc grâce au portrait. Elle le trouvait beau gosse, à son gout. Séduisant avec ses cheveux poivre et sel. Habillé très classe, le genre d'homme que Béa ne fréquentait jamais. Ses partenaires étaient souvent de type voyou, rebelle. Béa se disait qu'elle pourrait gouter ce genre de relations comme on goute du caviar.
- "Salut ma chérie, comment se passe ta journée ?", demanda Marc
BĂ©a Ă©tait dĂ©concertĂ©e par l’appellation ma chĂ©rie. Cela l'amusa, mais elle s’empĂŞcha de rire ou sourire.
- "Très bien, mon cœur. Je vais merveilleusement bien."
- "Oui, tu sembles ... différente... "
Marc se mit à la contempler des pieds à la tête. Il comprit enfin ce qu'il voyait en elle de différent. Elle souriait plus, mais surtout il ne l'avait jamais vu avec ce genre de tenue. Claire portait rarement robe, ou jupe. Et encore moins des collants. Il l'ignora même jusqu'à l'existence de cette tenue.
Béa s'aperçut que Marc s'intriguait en la voyant. Elle devait agir vite, le déconcentrer. Ils s'arrêtèrent de marcher, et Béa le surpris en l'enlaçant, et l'embrassant sauvagement. Elle ajouta :
- "Rentrons Ă la maison, nous avons de retard Ă rattraper, j'imagine. J'ai plein de jeux en tĂŞte."
BĂ©a sentit une bosse sous la ceinture de Marc, elle en dĂ©duit qu'elle avait toujours son petit effet. Pris d’excitation, Marc fit un oui de la tĂŞte. Ils reprirent le chemin de la villa.
Marc et BĂ©a accĂ©lèrent le pas pour rentrer vite Ă la villa. Ils se prĂ©cipitèrent vers la chambre. BĂ©a demanda Ă Marc de se dĂ©shabiller et de l'attendre au lit pendant qu'elle se prĂ©pare, puis elle prit la direction de la penderie. BĂ©a voulait retrouver une certaine familiaritĂ© en changeant dans une tenue plus habituelle pour elle. Elle trouva un mini short en jean, et un t-shirt noir. Cette tenue semblait appartenir Ă sa fille. Peut ĂŞtre que Claire l'aura confisquĂ© Ă sa fille. BĂ©a se changea et rejoignit Marc dĂ©jĂ nu au lit. Elle monta sur le lit tel une panthère et l'embrassa aussi vite Ă pleine bouche. Jamais Marc n'avait fait l'amour avec Claire de façon si sauvage. Le moment suivant fut des plus torrides. Marc Ă©tait apriori un bon amant. BĂ©a se dĂ©couvrit des nouvelles sensations avec son nouveau corps. Certes lĂ©gèrement plus vieux, mais dĂ©bordant toujours d"Ă©nergie. Et d’attrait, Marc rĂ©pĂ©tant rĂ©gulièrement comment il la trouvait belle et dĂ©sirable.
Plus tard, Marc se leva pour aller prendre une douche. Béa profita pour s'allumer une cigarette. Elle n'avait jamais le docteur Lacroix fumer, elle en conclut donc qu'elle avait des poumons toute neufs qu'elle pouvait encrasser à nouveau, ce qui l'amusa.
Pendant ce temps, Claire reprit peu à peu connaissance et conscience de la triste situation. Elle était dans le corps de Béatrice Zyto. Personne ne la croirait. Elle cria de toutes ses forces derrière les barreaux de sa cellule, cherchant les mots, la bonne intention pour dire qu'elle était la réelle docteur Claire Lacroix. Hélas, elle était dans une cellule isolée, où il y avait moins de détenues, et les rares gardiens qui passaient de lui prêtaient aucune attention. Elle avait beau crier des informations personnelles, évoquant sa famille, ses collèges, la machine. Mais tout semblait surréaliste quand elle s'entendait. De plus, peu de personne connaissait ses travaux.
Claire fatiguée par ses cris répétés, finit par se calme et alla s'assoir parterre, tout le mur, pour se mettre à réfléchir. Elle commença un peu à déprimer, ses pensées s'obscurcissent. Elle allait commencer à pleurer, lorsqu'elle entendit la porte de sa cellule s'ouvrir. Elle leva les yeux, et eut l'impression d'être à nouveau dans un cauchemar. Elle se voyait debout devant elle, portant sa blouse de docteur, tenant un dossier entre ses bras. Cela fit déprimer encore plus Claire, Béa avait réussi à convaincre tout le monde pour le moment.
- "Salut doc, comment ça va ?", fit Béa avec une voix mielleuse.
Claire ne répondit pas, ce qui ne gêne pas pas Béa, qui continua à parler toute seule, tout en tortillant une mèche de ses cheveux.
- "Tu as une vie sympa, doc. Elle manque un peu de piquant. Mais je m'éclate. Merci encore pour ce cadeau. Ta fille semble une vraie peste, mais je m'en fouts. Par contre, ton mari, Marc s'avère être quand à lui ... "
Béa se pencha vers Claire, et compléta en riant :
- ".. un amant exceptionnel. Je l'ai fait jouir 2 fois tout Ă l'heure. Cela la empĂŞche de s'intriguer sur ton nouveau comportement."
- "Cela ne dura pas. Tout ou tard, ils vont découvrir que ..."
- "Quoi ? Que je suis Béa... Tu vas essayer de cafter ? Et puis qui pourrait te croire, doc ?"
- "Je trouvais ..."
- "T'as plutĂ´t intĂ©rĂŞt Ă fermer ta gueule, doc ! Sinon, si tu sais ce dont je suis capable ! Ton mari a beau ĂŞtre un bon coup, ça reste un mec sans intĂ©rĂŞt. Et puis pour garder ma libertĂ©, je pourrais m’intĂ©resser aussi grandement Ă ta fille ... T'as bien compris ?.."
- "... Oui... Ne leur fais pas de mal, je t'en prie."
- "J'y pense ... Personne ne connait l'existence de ta machine ? J'ai compris que Jenna et Marc n'allaient jamais au sous sol de ta baraque."
- "Non.. C'était un projet personnel..."
- "Tant mieux, et ça restera ainsi... jusqu'à tant que je décide de la suite .."
Béa sortit de la cellule, en faisant un immense sourire au gardien. Sortir d'une cellule aussi facilement la fit presque rire.
- "A la prochaine, Béatrice Zyto. Profitez bien de votre séjour.", cria Béa en s'éloignant.
Après le départ de Béa, Claire rumina dans sa cellule. Que devait elle faire ? Sa famille était en danger et tout était de de sa faute. Elle comprit qu'elle ne pourrait convaincre personne. Cette situation était complétement dingue. Elle ne voyait qu'une seule personne qui pourrait l'aider. La seule personne au courant de ses travaux. Mais il fallait qu'elle sorte de prison le plus vite possible. Dieu sait ce que serait capable de faire Béa ? Dans son corps, elle pourrait tuer à nouveau. Et si Claire venait à récupérer son corps, elle serait accusé de tous ces crimes.
C'Ă©tait l'heure des repas, Claire n'avait pas le choix. Vu qu'elle ne disposait d'aucun droit de visite, elle devait s'Ă©chapper par n'importe quel moyen ! Par chance, elle connaissait par cĹ“ur la prison, pour y ĂŞtre employĂ© depuis un long moment comme psychiatre. Le gardien vint lui apporter un plateau repas. Le gardien baissa sa garde pendant un court instant, Claire en profita, animĂ© d'une force et d'une violence qu'elle ne soupçonna pas, pour jeter le contenu du plateau sur le sol, ce qui surpris le gardien. Il lui tourna le dos pendant quelques secondes, et avec sa force, l'assomma avec le plateau. Claire savait ou frapper, elle savait ou elle pourrait rendre inconscient quelqu'un. Elle connaissait chaque zone du cerveau, et par extension du crane. Le gardien s’effondra sur le sol. Claire lui prit les clĂ©s, et referma derrière elle. Elle prit les bonnes annĂ©es, les bons couloirs et rĂ©ussit Ă se retrouver dehors. Elle Ă©tait libre.
La police alerta aussitĂ´t le docteur Lacroix de l'Ă©vasion de BĂ©atrice Zyto. BĂ©a fut en colère d'apprendre la nouvelle. Comment avait elle rĂ©ussi ? Finalement, BĂ©a trouva que Claire Ă©tait plein de ressources. Mais qu’espĂ©rait elle ? Elle serait en cavale. Elle savait que Claire prendrait au sĂ©rieux ses menaces.
Béa prit la décision de cacher la famille de Claire. Elle expliqua à Marc qu'une des ses patientes, la plus dangereuse venait de s'échapper. Et vu que cette criminelle faisait une fixette sur elle, elle se sentait, elle et sa famille menacées ! Elle proposa à Marc de s'installer avec Jenna dans un hôtel 3 étoilés, éloigné de leur villa. Marc obéit. Ils arrivèrent à l'hôtel en milieu d'après midi. Claire s'était évadé que depuis 2 heures.
- "Bonjour, nous avons téléphoné pour un réservation. Mr et Mme Saint Martin.", fit Béa.
- "Oui une chambre avec 2 lits doubles. Vous pouvez remplir le formulaire, s'il vous plait.", fit la réceptionniste.
- "Ben sur"
Béa inventa toutes le informations. La réceptionniste lui remit la clé. Elle le tendit à Marc.
- "Installez vous Je vais passer quelques coups de fil pour savoir ou en sont leurs recherches. Nous ne restons pas longtemps dans cet hôtel, je vous le promets. C'est de ma faute, si cette Béa m'en veut. Elle fait un transfert d'identité. Cela arrive souvent."
- "Sois prudente.", lui dit Marc après l'avoir embrassé.
Claire déambula longtemps après son évasion dans les rues. Elle semblait perdue, déboussolée. Jamais, elle ne s'était senti aussi désarmée. Elle se mit à réfléchir à un plan pour récupérer son corps, son identité, sa vie. Retourner à son domicile, ou contacter son mari seraient trop dangereux. Béa devait déjà certainement être au courant de son évasion, vu qu'elle était la psychiatre attitrée. Elle espéra que son évasion ne mettrait pas en danger sa famille. Appeler Marc ou Jenna étaient également risqué, et si Béa était présente pendant son appel ? Ou pire, si c'était Béa qui répondait ?
Claire n'avait plus qu'un seul moyen: contacter Chris. Il était le seul à qui elle s'était confié et le seul qui sera capable de croire à cette histoire insensée. Claire trouva une cabine téléphonique dans une rue déserte. Elle était fatiguée car elle n'avait cessé de marcher ou courir depuis son évasion. Il lui fallait un pied à terre pour se reposer. Elle appela Chris.
- "Allo Chris ! C'est moi !"
- "Allo, qui est Ă l'appareil ?"
- "Chris, c'est moi, Claire Lacroix. Je t'en supplie ne raccroche pas !"
- "Mais qui ĂŞtes vous ? Claire ? Je ne reconnais pas ta voix..."
- "Oui c'est moi, c'est une histoire de fou.. Il faut .. Il faut que tu m'aides. Tu es le seul qui puisse m'aider."
- "Vous devez être cette criminelle, .. cette détenue qui s'est échappée récemment qui en veut à Claire."
- "Non, Chris, c'est bien moi .. Claire.... Nous ... nous sommes amants depuis plusieurs mois, nous travaillons ensemble depuis encore plus longtemps. ...Je ... je t'ai dit que j'adorais travailler avec toi. Nous nous voyons Ă l’hĂ´tel."
- "C'est dingue ! ça ne peut pas être toi. Je doute que Claire vous aurait dévoilé ça !"
- "Je t'en supplie. Il faut que tu me crois... La machine .. Je l'ai terminé et utilisé avec Béatrice Zyto... Nous... Nous avons.. Dieu sait seul comment...Nous avons permuté nos corps. Rappelle toi, quand je t'avais décrit mes travaux, tu m'avais dit qu'il y aurait un risque à déplacer des fragments de nous même. Et je ... Et je t'avais promis de ne rien tenter sans toi .. Je suis ... Je suis désolée."
A ses derniers mots, Claire se mit à pleurer. Chris ne savait plus quoi penser à l'autre bout du téléphone. Ça semblait si peu vraisemblable, mais si crédible quand on connait les expérimentations de Claire.
- "Ok, rejoins moi Ă mon appartement. Je vais t'aider."
Vingt minutes plus tard, Claire poireauta un petit moment devant l'immeuble ou vivait Chris. Elle préféra entrer sans que personne ne la voit. Elle attendit quelqu'un entre dans l'immeuble, et passer derrière discrètement avant que la porte ne se ferme. Elle monta ensuite les 3 étages par l'escalier et sonna à la porte de son appartement. Chris ouvrit la porte et découvrit une jeune femme brune inconnue devant lui.
- "Claire ?... c'est toi ?", demanda Chris.
- "Oui, Chris.. c'est bien moi."
Elle s'avança vers lui pour l'enlacer. Au début, Chris semblait choqué et recula d'un pas, ce qui attrista Claire.
- "Merci, Chris. Tu es le seul qui puisse m'aider !"
- "Claire, mais comment est ce arrivé ?"
- "La machine. Elle a surchauffé pour la phase de scan. Nos mémoires, nos identités ont été interverties. Nous avons échangé nos corps."
- "Cela explique le curieux comportement de Claire."
- "Ce n'était pas moi. C'était Béatrice Zyto."
- "Elle me semblait distante la dernière fois que je l'ai vu."
- "Tu.. Tu ne lui as rien dit ? rien fait ?"
- "Non, j'avais trop de travail. Je pensai qu'elle voulait qu'on soit plus discret."
Chris fit rentrer Claire. Claire venait d'attraper la pluie et n'avait plus un poil de sec. Elle était trempée de la tête aux pieds.
- "Rentre. Il faut te changer. Je dois encore avoir des vĂŞtements de mon ex femme dans un carton. Ils devraient t'aller. Vite, avant que tu n'attrapes froid."
Chris donna plusieurs vêtements à Claire et la laissa aller dans la salle de bains. Claire retira sa tenue mouillée de prisonnière et la balança sur le sol. Puis, elle regarda ce qui lui était mettable et permettrait de rester discrète. Elle trouva un t-shirt noir, et un legging en cuir noir à sa taille.
Une fois habillée, Claire se regarda dans le miroir. Elle n'avait pas encore l'occasion de voir l'ampleur des dégâts. Elle était effrayée intérieurement de découvrir le visage de Béatrice Zyto à la place du sien. Son reflet n'était plus le sien. Elle pensa être dans un cauchemar, mais non. Chacun de ses mouvements était bien singé par le reflet de cette criminelle. Elle était bien dans le corps de Béa. Elle ne rêvait pas. Elle toucha son visage, et ne reconnut plus ses traits. Elle se consola avec l'idée d'avoir quelques années de moins, Béa étant légèrement plus jeune qu'elle. Puis elle repensa aux nombreux amants que Béa avait eu dans sa vie, et se sentit souillée, puis elle regarda ses mains. Ses mains tachées à de nombreuses reprises par le sang de ses nombreuses victimes. Elle pensa aussitôt à Marc, à Jenna.
Claire sortit de la salle de bains et rejoignit Chris au salon qui l'attendait assis sur le canapé.
- "Tu as trouvé ce qu'il te faut ?", demanda Chris.
- "Oui, je te remercie."
Claire vit que Chris la dévisageait, l'observait des pieds à la tête.
- "Oui, Chris. C'est bien moi. Claire. Il faut que tu m'aides Ă retrouver mon corps."
- "Mais, comment faire ?"
- "Avant toute chose, il faut que tu m'aides à éloigner Marc et Jenna de Béa. Il faut que tu appelles Marc et que tu demandes à lui parler en urgence. Pendant ce temps, je vais retourner à la villa, pour voir si Béa y est. Je dois à tout prix, relire mes notes sur la machine, savoir si je pourrais refaire l'expérience en sens inverse."
- "Mais que veux tu que je raconte Ă Marc ?"
- "Essaie la vérité ! Dis lui la vérité !"
- "Mais il faudrait que je parle de .. nous ?"
- "Qu'importe ! Je veux retrouver ma vie."
Chris prit son téléphone portable, et composa le numéro de Marc. Ils se donnèrent rendez vous dans un café.
Le café n'était pas trop loin de l'hôtel ou Marc et Jenna étaient descendues. Marc laissa Jenna dans sa chambre, toujours occupée avec son téléphone portable. Il était intrigué par le coup de fil de Chris. Marc trouva étrange le ton de sa voix. Il le soupçonnait depuis longtemps d'être l'amant de Claire. Ce qui ne sera pas étonnant, vu le temps qu'ils passaient ensemble.
Chris était en survêtement et attendait à une table en terrasse. Ils se firent signe de la tête et Marc le rejoignit.
- "Tu prends quelque chose ?"
- "Oui, un café."
Chris fit signe au serveur, de rapporter un second café.
- "Alors, Chris, raconte moi que se passe t il ? Tu avais l'air étrange au téléphone."
- "Écoute Marc, crevons l'abcès tout de suite. Je suis bien l'amant de ta femme."
Le sang de Marc se mit à bouillir, mais n'eut le temps de réagir ou de répondre, avant que Chris ne reprenne la parole.
- "Elle est en danger, Marc. Claire est en grand danger !"
- "Oui, je sais. C'est cette criminelle qui l’obsède. Cette BĂ©atrice Zyto. Elle est en cavale, et cherche Claire."
- "Oui, mais ce n'est pas ce que tu crois.. Claire ...Claire a fait des expériences sur Béatrice..."
- "Des expériences, quelles expériences ? "
- "Claire voulait en savoir plus sur le comportement des criminelles, le fond de leurs âmes, la part du mal qui réside dans le cerveau. Elle a crée une machine, qui avait pour but de scanner et comparer les activités cérébrales de 2 personnes... La machine a déraillé... Claire et Béatrice ont échangé leurs corps."
Marc était prêt à rire pour l'absurdité de cette dernière phrase, mais vit que Chris restait le plus sérieux du monde.
- "C'est n'importe quoi !"
- "La personne qui se fait passer pour Claire, c'est bien Béatrice Zyto. Elle est dangereuse, Marc. Il faut que tu t'éloignes d'elle le plus vite possible ! Toi et Jenna êtes en grand danger."
- "Ouais, c'est ça ! Et dans ce cas, ou est Claire ? Je veux dire Béa."
- "Elle.. Elle s'est réfugiée chez moi ?"
- "Tu héberges une criminelle recherchée ?"
- "Marc, tu n'écoutes pas ce que je te dis. C'est Claire qui est dans le corps de Béatrice."
- "Cette historie est invraisemblable... Je .. Je suis surtout en colère d'apprendre que t'es l'amant de ma femme."
- "Écoute Marc. Je .. Je suis désolé que tu l'apprennes ainsi. Mais il faut que tu ailles chercher Jenna et que vous vous éloignez de Béa."
- "T'es dingue ! On va en rester ! Si on continue, je n'ai qu'une envie, c'est de te casser la gueule. Alors reste en dehors de cette histoire ! Ne revois plus ma femme ! Et laisse nous en paix !"
Marc se leva brusquement puis laissa Chris dubitatif. Chris avait échoué à convaincre Marc. Marc reprit le chemin de l'hôtel.
Claire n'était pas surprise de trouver la maison vide. Elle avait réussi à rentrer non sans mal puisqu'elle savait qu'une clé de la porte de derrière de la villa était caché dans une fausse pierre non loin. Elle resta prudente en se déplaçant dans les couloirs. Elle retourna dans le bureau, et fouilla ses notes. Elle devait comprendre comment la machine avait pu dysfonctionner.
Chris finit son cafĂ© après avoir vu Marc partir. Il regrettait d'avoir causĂ© autant de mal puis de soucis Ă son ami. Il n'Ă©tait guère surpris que Marc ne croyait pas Ă son histoire. Il allait devoir trouver une autre stratĂ©gie. Mais Chris s'inquiĂ©tait pour Claire. Il lui envoya un SMS sur le tĂ©lĂ©phone portable qu'il lui avait prĂŞtait. Dans le message, il indiqua avoir Ă©chouĂ© Ă convaincre Marc. Mais Chris avait remarquĂ© que Marc jouait avec une clĂ© d’hĂ´tel pendant leur discussion. Chris reconnut le logo de l’hĂ´tel, et en dĂ©duisit que Marc et Jenna devaient y loger. Il donna la rĂ©fĂ©rence Ă Claire dans le message. Claire lui rĂ©pondit l'instant d'après qu'elle avait trouvĂ© l'explication de la dĂ©faillance de la machine. Ils se donnèrent rendez vous chez lui Ă son appartement.
Chris paya l'addition des 2 cafĂ©s. Il devait bien ça Ă Marc, et prit le chemin de son appartement. Il ne remarqua pas qu'il Ă©tait suivi, par une femme qui portait des lunettes noires, et avait observĂ© la scène de la dispute Ă la terrasse. BĂ©a se doutait que Claire chercherait Ă prendre contact avec son mari ou sa fille d'une manière indirecte. Après avoir laissĂ© Marc Ă l’hĂ´tel, elle avait attendu dans le hall que Marc ou Jenna en sorte pour une raison ou pour une autre. Elle avait suivi Marc, qui sortit prĂ©cipitamment.
Béa reconnut l'homme qui avait donné rendez vous à Marc. C'était un certain Chris. Il travaillait avec Claire. Vu le regard que Chris portait à Claire, Béa les soupçonna d'être amant. Et vu la colère qu'elle vit dans le comportement de Marc pendant la discussion, elle déduisit qu'elle avait vu juste. Béa trouva alors que Claire avait du gout en matière d'hommes. Reste à savoir ce que ce Chris aura raconté à Marc. Béa décida de suivre Chris. Peut-être la mènera t il à Claire ?
Chris fit un petit jogging sur le chemin du retour, tout en pensant à la situation actuelle. Sa discussion avec Marc l'avait fait réfléchir. Devait il croire les paroles de cette femme ? Il avait écouté son cœur, et reconnut par les mots Claire. Mais le doute persistait. Après tout, durant leurs longues séances entre Claire et Béa, Claire aurait pu laisser quelques indiscrétions, quelques informations clés sur sa vie. Béatrice Zyto était certes une psychopathe, mais avec un QI très élevé.
Dès son retour Ă l'appartement, il envoya un SMS Ă la prĂ©tendue Claire, indiquant qu'il Ă©tait de retour chez lui. Puis, se sentant en sueurs, dĂ©cida d'aller prendre une douche. Puis il changea de vĂŞtements. Il s’apprĂŞta Ă tĂ©lĂ©phone Ă Claire, quand on sonna Ă la porte. Il ouvrit et il tomba sur Claire, ou plutĂ´t BĂ©a s'il croyait en cette histoire.
- "Salut Chris, je te peux rentrer ?", demande Béa.
- "Euh .. Salut. Oui, tu peux rentrer."; répondit Chris.
Chris trouva quelque chose changer chez cette "Claire". Le style vestimentaire n'était pas le m^me que l'habitude. Focalisé tellement sur son travail, et malgré que Claire restait une magnifique femme, elle n'était pas du tout coquette, et encore moins rebelle dans son attitude ou son apparence. Chris demeura méfiant.
- "Tu es au courant de l'évasion de Béatrice Zyto ?", demanda Béa.
- "Oui, je suis au courant."
- "Tu l'as vu ? Elle est venue chez toi ?"
- "Pourquoi serait elle venue chez moi ? Je ne connais pas cette folle."
Béa faillit laisser apparaitre un regard de colère à cette insulte, mais réussit à se contenir et à continuer à jouer le rôle de Claire.
- "Oui, je sais bien. Mais tu sais qu'elle fait transfert sur moi ? Dans nos dernières séances, elle finissait par croire qu'elle était ... moi. C'est dingue non ?"
- "Oui, j'ai déjà entendu parler de ce genre de transfert. Et tu crois qu'elle serait venue chez moi ? Comment savait elle pour ... nous deux ?"
- "Il est possible que pour obtenir sa confiance, je me sois un peu ouvert..."
- "Tu m'aurais mis en danger si c'était vrai."
- "Oh Chris... Je suis sincèrement désolé."
BĂ©a s'approcha de Chris. Il Ă©tait dĂ©contenancĂ© par la proximitĂ© de BĂ©a. Sa tenue l’excitait, et il baissa sa garde. BĂ©a approcha son visage de Chris. Chris reconnut l'odeur de Claire. BĂ©a avait la prĂ©sence d'esprit, d'incarner Claire jusqu'au bout, allant mettre le mĂŞme parfum qu'elle avait reconnu pendant leurs sĂ©ances. Chris enlaça BĂ©a.
Chris ne comprit pas sur l'instant ce qui se passait. Il tenait dans ses bras Béa. Il sentit soudainement de vives douleurs au ventre. Des douleurs qui se répétaient. D'abord, une, puis, deux, puis trois. Il baissa les yeux vers son ventre, et vit le sang commençait à sortir par des trous de sa chemise, puis son regard se porta sur le visage de Claire. Béa lui fit un immense sourire.
- "Tu n'es qu'un menteur ! Comme tous les hommes ! Il fallut que tu brises le ménage d'un couple. Pourquoi ? ... Pour la baise ?"
Chris fit un pas en arrière, il sentait déjà partir.Il regarda Béa, il comprit alors son erreur. Claire lui avait dit la vérité. Il venait de se faire assassiner par Béatrice Zyto. Il s'écroula en arrière sur le sol. Chris était mort.
Béa contempla son œuvre. Elle se mit à réfléchir. Elle venait de faire accuser le bon docteur Claire Lacroix du meurtre de Chris. Ces empreintes sur le scalpel, qu'elle laissa près du corps. Maintenant, Claire va découvrir ce que c'est que d'être une criminelle recherchée. Béatrice se disait qu'il était temps qu'elle abandonne le corps de Claire. Une idée lui traversa l'esprit. Une idée qui la fit sourire à nouveau.
Claire était très inquiète. Chris ne répondit plus aux SMS, ni à ses appels. Elle tombait systématiquement sur la messagerie. Elle savait que la conversation entre Marc et Chris fut sans effet. Mais elle n'était pas rassurée de ne pas savoir où était Béatrice.
Claire retourna vers l'appartement de Chris. Sur le chemin, elle faillit ĂŞtre reconnue par un policier qui Ă©tait en train de distribuer des contraventions dans le quartier. Elle baissa la tĂŞte mais n’accĂ©lĂ©ra pas son pas de course pour ne pas Ă©veillĂ© les soupçons. Le policier resta concentrĂ© sa contredanse.
Claire atteignit l'immeuble où vivait Chris. Elle se précipita vers les escaliers. Puis elle entra dans l'appartement grâce au double des clés que lui avait donné Chris.
- "Chris, t'es là ? Pourquoi ne réponds tu pas à mes messages ?"
L'appartement restait silencieux. Claire eut un sentiment de malaise. Elle avança vers le séjour, et vit allongé près du canapé le corps de son amant.
- "Oh mon Dieu ! Chris .. Non..."
Claire se mit à genoux, les larmes aux yeux, et vérifia si elle pouvait sentir le pouls de Chris. Peut-être n'était il pas trop tard. Hélas, elle se sentit ni le pouls, ni le cœur. En qualité de médecin, elle avait vite compris que la quantité de sang perdue était trop importante. Claire était effondrée. Alors qu'elle cherchait un ami, de l'aide, elle avait apporté la mort chez Chris. Elle se sentit responsable de sa mort.
Béa était revenue à l'hôtel. Marc n'était pas encore revenue. Béa se disait que la situation devenait compliquée, qu'elle prenait des risques. Elle alla retrouva Jenna dans sa chambre, toujours en train de jouer avec son téléphone portable.
- "Maman, tout va bien ?", demanda Jenna
- "Oui, ma chérie. Tout va merveilleusement bien !"
- "Tu as des nouvelles ? Ils ont pu attraper cette cinglée ? On va pouvoir retourner chez nous ?"
- "Pas encore, non. Béa est toujours en liberté."
Béatrice s'assit sur le lit king size près de Jenna, et commença à tortiller ses cheveux.
- "La situation doit te paraitre bizarre en ce moment... Je dois te paraître bizarre, non ?", interrogea Béa
- "Oui, c'est vrai. Tu es étrange en ce moment. J'ai mis ça sur le compte de ton travail, de tes recherches."
- "Ca te dirait que je te montre mes travaux ?"
- "Quoi ? Ce que tu trafiques au sous sol de la villa ?"
- "Oui, j'ai crée une machine qui pourrait t'intéresser..."
- "Non, pas envie. Et je pense que ça serait dangereux avec cette cinglée en liberté."
Béa avait préparé un petit mouchoir imbibé de chloroforme, qu'elle avait caché sous un pli de sa jupe derrière elle. Tout en fixant Jenna du regard, elle lui fit un sourire qui déconcerta Jenna. Son sourire semblait maléfique. Béa plaqua aussitôt le mouchoir sous le nez de Jenna. La dose était si forte que le produit agissa presque instantané.
- "Dommage, il aurait été si simple, que tu m'accompagnes de ton plein gré au sous sol. Je suis bon pour une bonne migraine dans les heures à venir. Mais ce n'est rien pour le prix de la liberté."
Jenna tomba évanouie doucement dans les draps.
- "Maintenant, nous allons faire un petit tour."
L'instant d'après, profitant que Jenna resta groggy, BĂ©a la prit par les hanches et la fit sortir de la chambre et prirent l’ascenseur jusqu'au parking. Par chance, elle ne croisa personne. Si cela avait Ă©tĂ© le cas, Claire Lacroix aurait eu d'autres meurtres Ă son effectif.
Vu que Claire Lacroix serait probablement accusée très prochainement du meurtre de sang froid de Chris, il n'était pas bon pour Béa de rester dans ce corps. Béa et Jenna arrivèrent à la villa. Béa secoua Jenna pour la réveiller un peu afin de faciliter son déplacement. Ils prirent la direction du sous sol. Et Béa fit assoir Jenna dans la machine. Puis Béa prit quelques minutes pour se remémorer la succession de touches, et d'instructions que Claire avait saisi sur l'écran tactile de contrôle. La machine se mit à refaire les mêmes bruits que la première fois, c''était bon signe. Jenna commença doucement à immerger, Béa précipita la manœuvre. Elle s'assit à son tour sur le siège voisin, puis lança le processus et ferma les yeux.
Béa retrouva la sensation de flottement et d'engourdissement. Puis une sorte de néant, l'impression d'avoir perdu tous ses sens, d'être détachée. Puis, une sensation exquise, de sentir plus jeune, plus en forme.Béa ouvrit les yeux et vit ses jambes nues dans dans un mini short en jean, celui de Jenna. L'opération avait de nouveau réussie, elle se caressa la visage, elle sentit un peu plus lisse, mois ridée. Puis elle tourna la tête et vit le corps de Claire, inconsciente. Béa se leva avec un excès d'énergie qui lui convenait. Béa avait gardé le mouchoir de chloroforme et mit sous le nez de Jenna, dorénavant dans le corps de Claire.
- "Désolé, ma p'tite, tu risques d'enchainer bientôt les surprises. T'as perdu quelques années, et tu risques de passer du temps à l'ombre."
Béa laissa Jenna inconsciente au sous-sol et remonta à l'étage pour aller à la salle de bains de la chambre de Jenna. Elle se précipita devant le miroir. Elle était heureuse d'avoir retrouvée une certaine jeunesse et de garder une certaine beauté. Occupant son corps, elle trouva Jenna magnifique. Peut être allait elle gagner autant de succès auprès des hommes avec ce corps d'ado. Béa sentit également une étrange sensation, celle de se sentir également à nouveau vierge, ce qui la fit rire un moment. Elle était surprise qu'à cet age, Jenna le soit encore. Béa avait connu le sexe bien plus tôt, et pas dans les bonnes circonstances. Béa s'amusa ensuite à retoucher son maquillage. Mais décida de garder ses vêtements.
Béa prit la voiture et décida de repartir à l'hôtel. Si elle voulait garder ce corps, elle devait se débarrasser toutes les personnes qui connaissaient son secret ou qui pourraient comprendre. Il était temps qu'elle rejoigne son "daddy" chérie.
Claire arriva déterminée à la villa. Son sang bouillonnait de rage et de tristesse suite à la mort de Chris. Lorsqu'elle arriva à la villa, elle eut à peine le temps de se sortir de la voiture, qu'elle vit une femme sortir par la porte d'entrée, l'air droguée, titubant. Jenna venait de se réveiller, elle ne comprenait pas ou elle était, elle ne reconnut pas le sous sol, n'y ayant jamais pénétré. Mais lorsqu'elle remonta les marches, elle reconnut la villa, sa demeure. Jenna se sentait fatiguée, et un peu endolorie, elle ne prêta pas attention à la tenue qu'elle portait, ni au corps qu'elle avait. Lorsque Jenna fut face à Claire, elle crut être devant la célèbre criminelle échappée, sans deviner qu'elle était devant sa mère. Elle prit peur.
Claire trouva étrange l'attitude de cette femme qu'elle croyait être Béa. Jenna recula, l'air totalement effrayée.
- "Je vous en supplie de me faites pas de mal !", cria Jenna.
- "Qu'est ce qui te prend ? Tu débloques ? Toi avoir peur ? Ou est ta détermination ? Ta rage ? Tu as tué Chris, je te devrai te descendre tout de suite !", objecta Claire.
Jenna retrouvant peu à peu ses esprits, vit qu'elle portait une jupe en cuir et des collants, pas du tout la tenue qu'elle portait il y a peu de temps,. Elle regarda ses mains, légèrement plus âgée, un peu plus abimée par le temps.
- "Mais c'est quoi ce délire ? Je me sens vieille ! ... Mais ... On dirait le corps de ma mère ??", s'affola Jenna.
- "Qu'est ce que tu racontes ? ArrĂŞte ce petit jeu !", cria Claire.
Claire fit un pas vers Jenna, la menaçant de plus en plus son arme. Jenna baissa la tête puis regarda droit dans les yeux Claire. Claire eut une curieuse impression soudainement. Ce n'était plus le même regard. Il lui semblait moins dur, plus doux, plus familier.
- "Jenna ? C'est toi Jenna ?", demanda Claire.
- "Oui... Comment connaissez vous mon prénom ? C'est ma mère qui vous la dit ?", répondit Jenna
- "Oh mon Dieu ! Que t'a-t-elle fait ? ... Ne crains rien."
A ces mots, Claire lâcha son arme et se précipita pour étreindre Jenna. Cela lui bizarre de serrer contre elle, son propre corps. Jenna faillit se débattre contre cette inconnue, mais n'eut pas le temps de réagir. Elle se trouva dans les bras d'une inconnue mais cela la réconfortait bizarrement. Claire lui fit poser sa tête contre son épaule
- "Ferme les yeux, Jenna et écoute moi ... C'est moi. Je suis ta mère. Comme tu es dans mon corps, tu dois comprendre que je ne suis pas Béatrice Zyto. C'est bien moi, Claire.", fit Claire.
- "Mais... comment est ce possible ?"; s'interrogea Jenna.
- "Je te raconterai tout, mais d'abord, étais tu seule dans la villa ?"
- "Oui je me suis rĂ©veillĂ©e dans le sous sol... Je me souviens maintenant ... Tu... Elle..On Ă©tait Ă l’hĂ´tel en train de discuter, quand tu... quand elle m'a mis un mouchoir sous le nez avec une forte odeur... Je me souviens d''avoir Ă©tĂ© en voiture... puis Ă la villa... puis dans ce sous sol."
- "Tout va aller ma chérie ! Je vais tout réparer."
Jenna resta dans les bras de de sa mère, les yeux fermés. Malgré une voix différente, le ton fut familier, elle était convaincue que c'était sa mère.
Claire rĂ©flĂ©chit au lieu ou pouvait ĂŞtre BĂ©a. Si elle veut rester dans le corps de Jenna, elle pourrait s'en prendre Ă nous. BĂ©a ne savait pas oĂą Claire se cachait. Mais Claire supposait que Jenna serait repartie Ă l’hĂ´tel. Elle prĂ©suma qu'elle voulait Ă©galement rĂ©cupĂ©rer tous les papiers d'identitĂ© de Jenna. Son passeport pourrait lui permettre de disparaitre.
- "Écoute, Jenna, fais moi confiance. Je dois retourner Ă l’hĂ´tel ou vous ĂŞtes descendus."
Marc restait toujours inquiet, il n'avait pas eu de nouvelles de Claire depuis un long moment. Et avec cette psychopathe en liberté, il la craignait en grand danger. Béa savourait le nouveau corps de Jenna. Elle s'assit à coté de son "père", glissa discrètement le couteau qu'elle avait trouvé dans la cuisine entre 2 coussins du canapé. En regardant Marc, elle repensa aux moments torrides qu'elle avait passé avec lui dans le corps de sa femme. Une idée lui traversa l'esprit : quelques sensations éprouverait elle avec le corps de Jenna. Ayant été abusée sexuellement par son père pendant son enfance, Béa tenta sa chance avec Marc. Alors que lui expliquait son inquiétude, Béa ne l'écouta pas. En tout cas, pas de façon attentive. Béa commença à déboutonner doucement sa chemise. Elle posa sa tête contre son épaule. Marc était prêt à l'étreindre pour la consoler, lorsqu'il vit qu'elle avait commencé à le déshabiller. Choqué, il se leva d'un bon. Béa se mit à rire. Ce qui déstabilisa Marc. L'attitude de sa fille était étrange.
Claire était en chemin, accompagnée de sa fille, Jenna, prisonnière dans le corps de sa mère. Pour une adolescente, elle est choquée de se retrouver dans le corps de sa mère. Jenna sentit le poids des ans. C'était donc ça vieillir. Jenna se sentit plus forte, et encore plus féminine. Mais toutes sortes de pensées lui traversèrent l'esprit. Elle eut à plusieurs reprises la nausée. Jenna toucha ses cheveux, regardait ses mains, elle se croyait en plein cauchemar.
Claire restait concentrée sur la route. Elle savait son mari en danger, elle devait faire vite. Elle prit quelques risques en doublant plus souvent et surtout en accélérant. Mais elle devait faire attention à ne pas se faire arrêtée par le police. Ce n'était pas le moment.
Claire se gara dans une rue proche de l’hĂ´tel et ordonna de l'accompagner. Elles entrèrent dans l'immeuble. Claire demanda Ă Jenna d'aller se prĂ©senter Ă la rĂ©ception et demander la clĂ© de sa chambre. Jenna, encore dĂ©boussolĂ©, obĂ©it. La rĂ©ceptionniste ne posa aucun problème et tendit la clĂ© Ă Jenna. Claire resta Ă l'Ă©cart, la plus discrète possible. Puis, Claire demanda Ă Jenna de rester dans le hall et de l'attendre.
- "Mais maman, tu ne vas pas l'affronter seule ?", fit Jenna.
- "Il le faut ! Je t'ai déjà trop mise en danger ! Je dois l'arrêter.", répondit Claire.
Claire prit l'ascenseur, et entra grâce à la clé dans la chambre. Elle fut aussitôt horrifié de découvrir Marc allongé, face contre terre. Elle aperçut quelques taches de sang près de son corps. Mais pas assez, pour croire en sa mort. Peut être n'était il pas trop tard.
Béa arriva de la cuisine, toute guillerette. Elle venait de poignarder Marc, et avait pris un immense plaisir. Elle ne fut pas surprise de voir Claire dans la pièce, attristé, arme au poing.
- "Tiens, doc ! Te voila enfin ! Tu vas m'éviter de te chercher !", fit Béa.
- "C'est fini, Béatrice ! Tu as causé suffisamment de dégâts dans ma vie !", objecta Claire.
- "Allons, doc. Tu ne tirais pas sur ta fille ?"
- "Non, mais juste te blesser pour t’empĂŞcher de fuir. Je sais oĂą tirer pour t'immobiliser, sans que Jenna ait Ă en souffrir par la suite. Elle... Elle me pardonnera."
Claire demeurait déconcertait de voir sa fille, agir ainsi. Toute souriante, l'air amusée. Dans sa tête, elle devrait se répéter que ce n'était pas sa fille. Claire réussit à s'approcher du téléphone de la chambre et d'appeler une ambulance.
Claire attendit sagement, continuant à pointer son arme sur Béatrice, l'ambulance. Elle entendit peu de temps après les sirènes. Quelques instants plus tard, un bruit de pas de course dans le couloir. Deux ambulanciers firent apparition dans la pièce. Aussitôt, Claire cria :
- "Je vous en supplie ! Sauvez mon mari, il est gravement blesser."
- "Oui, oui ! Sauvez mon papa, de cette folle meurtrière, elle est recherchée par la police.", se mit à dire Béa.
Claire n'avait pas d'autres choix que de menacer également les ambulanciers pour qu'ils sauvent Marc.
- "Il a perdu beaucoup de sang, mais je sens son pouls. Nous devons l'emmener."
Peu après, Claire descendit avec BĂ©a et les 2 ambulanciers qui rĂ©ussirent Ă mettre debout Marc. Il avait repris un peu connaissance. Ils se retrouvèrent tous devant l’hĂ´tel. Les 2 ambulanciers finirent par ne plus faire attention Ă l'arme pointĂ© sur eux pour se concentrer sur Marc. Claire fit signe Ă BĂ©a de monter dans la voiture.
Jenna avait assisté à la scène. Elle accourut aussitôt vers son père. Les ambulanciers furent surpris.
- "Vous connaissez cet homme ?", demanda l'un des deux.
- "Oui c'est mon papa !", répondit Jenna.
- "C'est votre père ?", fit l'air surpris l'ambulancier, ne trouvant qu'il y avait peu d'écart d'age entre ces 2 personnes. "Ne vous inquiétez pas ! Il va s'en tirer."
Jenna s'éloigna et vit sa mère dans le corps de Béa, menaçant son propre corps. Elle fut choquée de se voir, toute souriante malgré la menace. Jenna les rejoignit.
- "Jenna, il faut y aller. Tu vas tenir en joue cette garce, pendant que je vais conduire ! C'est elle qui a poignardé ton père."
- "Oui maman. Cette cinglée ne va pas s'en tirer."
Jenna monta à l'arrière avec Béa, braquant toujours son arme sur elle et Claire prit le volant.
Quelques heures plus tard, dans le sous sol de la villa, Claire put tout remettre en ordre. Elle fit le transfert inverse entre Jenna et Béatrice. Jenna retrouva son corps, soulagée. Traumatisée par cette expérience, il lui faudra du temps pour oublier. Jenna aida sa mère dans la dernière phase de transfert, en continuant de menacer Béa. Claire procédé au dernier échange entre elle et Béatrice. Elle fut soulagée de retrouver son corps. Le cauchemar était en train de prendre fin.
Claire reprit l'arme que Jenna tenait dans ses mains et lui ordonna d'appeler la police.
- "Mais que vas tu faire maman ?", demanda Jenna.
- "Je vais la surveiller en attendant l'arrivée de la police. Et je vais détruire cette machine infernale."
Jenna remonta à l'étage pour aller téléphoner. Claire et Béa se retrouvèrent seules.
- "Alors, doc. Heureusement de retrouver son petit confort de bourgeoise ?"
- "La ferme. Tu as tué Chris. Tu mériterais que je t'abatte comme un chien."
- "Oh doc ! Ce n'est pas digne de vous ! ... Vous vouliez savoir ce que renferme l'esprit d'une criminelle. L'envie de tuer. Peut ĂŞtre ai je laisser une part de moi en vous ?"
Claire hésita à appuyer sur la gâchette. Une balle dans la tête. Elle pourrait prétendre que Béa avait tenté de s'enfuir. L'idée la séduisait. Mais elle repensait à la dernière remarque de Béa. Avait elle gardé cette pulsion de meurtre en elle.
- "Non, Béa. Je ne serais jamais comme vous. Le meurtre n'a jamais été une solution."
- "Ok, doc. Je vous remercie de m'épargner. Mais je pense que j'aurai un traitement de faveur dorénavant en prison. Et vous allez tout faire pour m'aider à réduire ma peine."
- "Et pourquoi ferai je cela après tout ce que vous nous avez fait !"
- "Simple. Sachez une chose, doc. J'ai caché l'arme qui m'a servi à tuer votre chéri, Chris. Vos empreintes sont dessus. Il me serait facile de raconter à la police où se trouve l'arme. Vous seriez en mauvaise posture."
Claire fut choquée. Elle n'avait pas le choix. Claire ordonna à Béa de se diriger vers les escaliers pour remonter, ayant entendu la sirène de police. En parcourant la pièce, elle poussa les écrans, moniteurs, ordinateurs sur le sol. Éclatant en mille morceaux, le matériel informatique est hors service. Puis Claire, puis un produit inflammable et en aspergea les 2 sièges. Elle jeta son briquet dessus. Le feu endommagea juste assez pour rendre le matériel inutilisable. ça en était finit de la machine.
Deux policières entrèrent dans la maison. Jenna les avait accueillit et leur avait fait un bref résumé de la situation : Béatrice Zyto avait réussi à s'introduire dans leur villa, et avait menacé de les tuer elle et sa mère. Claire et Béa arrivèrent dans le pièce, et les 2 policiers la saisirent aussitôt.
BĂ©a commença Ă s’Ă©nerver de voir Claire paraissant satisfaite.
- "On se reverra bientôt, doc.Si tu ne veux pas que je révèle notre petit secret !"
Les 2 policiers l'empoignèrent et l'embarquèrent dans leur voiture. Claire rejoignit ensuite sa fille.Elle l'étreignit, et se mirent toutes les deux à pleurer.
Un mois s'était écoulé, depuis ces événements. Béatrice était bien prison, mais dans une cellule plus "confortable". Claire avait réduit les séances d'entretien avec elle, mais elle donna des instructions pour un traitement plus fort. Béatrice était presque devenue un zombi dans l'établissement.
Jenna semblait avoir retrouvé une certaine joie de vivre. Elle n'évoqua plus jamais cette histoire. Elle s'était d'avantage rapprocher de sa mère. Elles étaient devenues plus complices.
Marc sortit rapidement de l’hĂ´pital. Claire lui raconta toute la vĂ©ritĂ©, mais son aventure avec Chris. Marc lui pardonna tout, estimant que cette expĂ©rience les avait tous marquĂ© et faire Ă©normĂ©ment souffrir. Claire et Marc retrouvèrent Ă©galement une complicitĂ© perdue. Ils demeuraient toujours sincèrement amoureux l'un de l'autre. Claire se concentra sur son travail de chirurgienne. Elle voulait surtout sauver des vies. Elle avait pris encore plus conscience de la fragilitĂ© et la valeur d'une vie.
FIN
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